djavann_lamuette

Pour la jeune fille, Fatemh, il es trop tard pour rêver à l'avenir. Nous sommes en Iran. Or, en Iran, point de salut pour ceux qui ont refusé de pactiser avec les bourreaux. Elle croupit dans une cellule où elle attend d'être traînée sur la place publique pour y être pendue. Dans son malheur, une seule consolation, l'étrange magnanimité de son geôlier qui, sur ses instances, consent à lui passer de quoi lui permettre de raconter son histoire, soit du papier et un crayon. Cela formera un journal, puis un colis qui tombera, entre les mains d'un journaliste iranien, lequel l'enverra par la valise diplomatique à l'écrivaine exilée en France, chargée de le publier.

Ainsi le lecteur apprend que l'unique bonheur qu'ait connu Fatemeh au cours de sa brève vie se résume à sa passion pour la "muette".

"Sa façon absolue de s'être murée dans le silence imposait aux autres le respect et parfois les effrayait ; se taire signifiait peut-être ne pas trahir la vérité. On en était venu à l'appeler la muette. L'était-elle réellement ? Personne ne le savait, car elle ne l'avait pas toujours été ; jusqu'à ses dix ans, elle parlait. Plus tard, bien que muette, elle faisait parler son silence comme personne. (...) Elle me manque, ma tante muette. Elle s'était tue, mais son coeur ne s'était pas fermé."

Cette absence, et les événements qui l'ont précédée, Fatemeh en révèle peu à peu les motifs jusqu'à la tragédie finale sur laquelle s'achève sa confession, quelques heures avant son exécution.

Une révélation finale insoupçonnable. Un livre qu'on oublie pas !... Une adhésion sans réserve au procès que ce livre défend.