L'Antre des mots

24 mai 2013

OMBRES CHINOISES de LISA SEE

 

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 Lisa See, auteure américaine d'origine chinoise, rencontre un réel succès avec Fleur de Neige, livre présenté à l'antre des mots.

«Ombres chinoises» s'inscrit dans la suite du roman «les filles de Shanghai» mais les deux récits peuvent se lire indépendamment.

Dans «Ombres chinoises» les voix de deux femmes, oh combien divergentes, retiennent le lecteur.

- celle de JOY, jeune fille de 19 ans. Elle vit aux Etats-Unis. Quand elle découvre que sa mère n'est pas sa mère biologique et que sa vie est un mensonge, elle s'enfuit en Chine pour retrouver son père.

Nous sommes en 1957, en pleine révolution culturelle et Joy, fougueuse et remplie d'idéologie est déterminée à participer à la construction de la Chine Nouvelle. Naïve, Joy est inconsciente des dangers du régime communiste.

- celle de PEARL , sa mère, qui connaît bien la Chine, elle y a vécu et enduré tant de violences. Elle l'a fuie voilà plus de vingt ans. Bouleversée par l'inconscience de sa fille qu'elle veut sauver à tout prix, elle retourne à Shanghai pour la ramener en Amérique.

A travers les défis quasi-insurmontables de ces deux femmes , Lisa See décrit la Chine communiste de Mao. Je dois avouer que même si je connaissais les épisodes tragiques de cette période, j'ai été abasourdie par par les pratiques insoutenables que détaille l'auteure.

Avec Joy parachutée à la campagne, le lecteur débarque dans l'univers des paysans où la maltraitance, la famine et la condition des femmes donnent la nausée. Violent contraste avec le traitement de son père, Haut artiste protégé par Mao. Pour les affiches de propagande qu'il réalise il connaît l'opulence des fêtes organisées par le parti.

Amateurs de la culture chinoise, vous serez saisis par ce récit puissant sur un pan de l'Histoire, celle du «Grand Bond» en avant.

Vous ne lâcherez pas non plus ces deux héroïnes hors du commun jusqu'à la fin de leur combat, je vous accorde que juste le dernier chapitre est un peu trop «happy end»

 

Elise

 

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Gatsby le magnifique de Baz LUHRMANN

Gatsby le magnifique

 

Avec Leonardo DiCaprio, Tobey MAGUIRE, Carey MULLIGAN...

Ce film a fait l'ouverture du Festival de Cannes 2013.

Synopsis :

 

Printemps 1922. L'époque est propice au relâchement des mœurs, à l'essor du jazz et à l'enrichissement des contrebandiers d'alcool… Apprenti écrivain, Nick Carraway quitte la région du Middle-West pour s'installer à New York. Voulant sa part du rêve américain, il vit désormais entouré d'un mystérieux millionnaire, Jay Gatsby, qui s'étourdit en fêtes mondaines, et de sa cousine Daisy et de son mari volage, Tom Buchanan, issu de sang noble. C'est ainsi que Nick se retrouve au cœur du monde fascinant des milliardaires, de leurs illusions, de leurs amours et de leurs mensonges. Témoin privilégié de son temps, il se met à écrire une histoire où se mêlent des amours impossibles, des rêves d'absolu et des tragédies ravageuses et, chemin faisant, nous tend un miroir où se reflètent notre époque moderne et ses combats.

 

Mon avis :

J’ai vécu un très grand moment de cinéma qui s’ouvre avec l’écriture d’un livre, imaginez mon enthousiasme ! Du roman au cinéma, il n’y a qu’un pas !

La version 3D contribue à happer le spectateur de son quotidien pour l’immerger dans un monde de l’image aux dimensions nouvelles, dépaysement assuré.

Ce film nous fait voyager, il explore les Etats-Unis des années 20, la société, la mode, les mœurs… quel plaisir de revoir les tenues et coiffures des femmes, toutes en élégance !

La musique y occupe une place toute particulière, ce film est un petit régal dans le genre.

La focale est mise sur une catégorie de la population, les milliardaires et, par voie de conséquence le luxe, les fêtes mondaines, les grosses voitures… mais ces nantis n’évoluent pas dans un espace fermé, ils sont confrontés parfois à la population américaine populaire, et là, je vous laisse découvrir le choc des cultures !

Leonardi DiCaprio est toujours exceptionnel, séduisant à l’envi, ce rôle lui va à ravir.

leonardo DiCaprio

Personnellement, je n'avais pas lu le roman de Francis Scott FITZGERALD, et vous ? et la BD de Benjamin BACHELIER ?

Annie

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22 mai 2013

Le coeur a ses raisons de Rama BURSHTEIN

le coeur a ses raisons

Avec Hadas YARON, Yiftach KLEIN, Irit SHELEG...

Synopsis :

Shira vit au sein d’une famille juive orthodoxe à Tel Aviv. À 18 ans, elle rêve de mariage. Lorsque sa soeur ainée, Esther, meurt en couches, Yochay, son beau-frère, est poussé par la communauté à partir se marier en Belgique. Sa mère a une meilleure idée : et si Shira épousait Yochay ? Entre le coeur et la raison, Shira devra choisir.

 

Mon avis :

J’ai beaucoup aimé cette immersion au cœur d’une famille juive et la découverte de ses traditions : la cérémonie du pourim, le rôle du rabbin dans la vie sociale de la communauté, la place des hommes et la condition féminine, le rapport à la prière et aux rites cultuels, le deuil…

Ce film se passe quasiment exclusivement en intérieur, à l’image d’un huit clos, au sein du logement familial, toutes les pièces sont progressivement visitées...

J’y ai lu une volonté toute particulière de la réalisatrice de faire apparaître la femme comme maître de son destin notamment dans le cadre des mariages, peut-être pour lutter contre certains préjugés qui laisseraient à penser que les unions relèvent du seul pouvoir des hommes…

Il y a aussi une surprise dans ce film, un élément non annoncé dans le synopsis et qui va avoir un impact déterminant sur la vie de la famille. Je ne vous la dévoilerai pas bien sûr, au risque de gâcher une partie de son intérêt !

Rama BURSHTEIN réalise des gros plans, fixes, longs, des personnages, donnant une beauté toute singulière aux personnages et notamment à Hadas YARON qui assure une prestation remarquable. Pas étonnant qu’elle ait reçu la Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine lors de la Mostra de Venise de 2012.

hadas yaron

 

Je vous le conseille !

Annie

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15 mai 2013

Barbe bleue d'Amélie Nothomb


Amélie Nothomb ne m’a jamais déçue. Chaque fois, je me glisse dans un de ses écrits comme dans une paire de pantoufles où je me sens bien.

En effet, j’aime son style concis, sophistiqué et, dans ce roman, cinglant.

Barbe bleue se lit en quelques heures et c’est tant mieux car on ne s’inquiète que d’une chose : Saturnine, la narratrice, âgée de 25 ans, ira-t-elle dans la chambre noire dont son propriétaire, le richissime Elemirio Nybal y Milcar, âgé de 44 ans, lui a interdit l’accès, au risque de subir le même sort que les 8 précédentes colocataires qui ont désobéi ? C’est un plaisir d’assister à leurs joutes verbales et la fin du roman, tellement inattendue, m’a laissée estourbie.

 

amelieSAM_0735 Au salon du livre, A. Nothomb a clairement fait comprendre au public, venu l’écouter, qu’elle affectionne particulièrement le champagne et pas du champagne de supermarché. Barbe Bleue nous le confirme ; Saturnine se fait déboucher, entre autres grands crus champenois, du Krug-Clos du Mesnil, grande cuvée, à 5274,47 € la bouteille (prix trouvé sur le site de la prestigieuse maison Krug, fondée en 1843) car

« Le bon champagne aide à penser »

« Il y a un réconfort que seul le grand champagne procure, soupire-t-elle ».

Quand l’humble lectrice que je suis puise son réconfort dans un bol de thé vert de Chine à 3,30 €, je me pose des questions mais une chose est sûre, A. Nothomb prouve que la littérature est un art et à mon goût, elle y excelle.
mjo


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13 mai 2013

Quartet de Dustin HOFFMAN

quartet

Avec Maggie SMITH, Tom COURTENAY, Billy CONNOLLY, Pauline COLLINS, Sheridan SMITH...

Synopsis

À Beecham House, paisible pension au cœur de la campagne anglaise qui accueille des musiciens et chanteurs d’opéra à la retraite, le bruit court qu’une nouvelle pensionnaire arriverait sous peu. Et ce serait une diva ! Pour Reginald, Wilfred et Cissy, le choc est grand lorsqu’ils voient débarquer l’impétueuse Jean Horton, avec laquelle ils triomphaient sur les scènes internationales des années auparavant. L’ambition de Jean et son ego démesuré avaient alors ruiné leur amitié et mis un terme au mariage qui la liait à Reginald. Malgré les vieilles blessures, Reginald, Wilfred et Cissy mettront tout en œuvre pour convaincre Jean de reformer leur célèbre quatuor à l’occasion du gala annuel de Beecham House.

 

Mon avis

Truculent, plein d’humour (british s’il vous plaît !) et de coquetterie.

Je voudrais saluer la réalisation de ce premier film par Dustin HOFFMAN, ce grand du cinéma est passé derrière la caméra et c’est une réussite.

Son initiative est originale pour plusieurs aspects.

D’abord, elle est à la mémoire de tous ces illustres chanteurs et musiciens du XXème siècle, à la retraite ou déjà disparus. Ce film permet de se souvenir de quelques grands artistes…

Ensuite, elle fête le 200ème anniversaire de la naissance de Giuseppe VERDI, ce compositeur italien avec son opéra « Rigoletto ». Retrouvez « La Donna e mobile » : http://www.deezer.com/fr/album/401887

Enfin, parce qu’il réunit dans une maison de retraite des gens qui ont tous la même passion, et je trouve que l’idée est ingénieuse. Certes, chacun a sa personnalité. Il paraît que l’on vit sa retraite comme pendant sa vie… alors, ne soyez pas surpris de voir des personnages au caractère singulier : il y a la joyeuse et la triste, la fantaisiste et la terne, le coquin et le sérieux… pour le plaisir du spectateur bien sûr ! Chacun vit aussi au rythme de ses fragilités, la vieillesse apporte son lot de désagréments. Mais, dès qu’ils ont un moment libre, ils sont ensemble, ils chantent, jouent de la musique, dans toutes les pièces de la maison de retraite, voire dans les jardins, tout espace est bon à conquérir ! Voilà qui pourrait faire réfléchir pour nos vieux jours… pourquoi ne pas réunir des gens passionnés de littérature dans un même lieu ?

Annie 

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12 mai 2013

Etranges rivages d'Arnaldur INDRIDASON

étranges rivages

EXCELLENT polar !

Je vous livre quelques éléments de l’histoire : Erlendur est policier de profession. Mais là, il est en vacances et se ressource sur ses terres natales, dans la campagne islandaise. Déformation professionnelle oblige, même lorsqu’il est en congés, son attention est attirée par de maigres indices susceptibles de le mener sur les chemins de la résolution de disparitions jamais élucidées. En janvier 1942, plusieurs faits se sont passés dans des conditions similaires, c’est-à-dire lors de tempêtes effroyables, mais pas avec les mêmes conséquences… Alors qu’une soixantaine de soldats britanniques mourraient et que tous étaient retrouvés, vivants ou morts, une femme disparaissait sans laisser aucune trace, de même qu’un enfant, qui se révèle être le frère d’Erlendur. Ces mystères ne pouvaient laisser Erlendur au repos.

Ce sont ces disparitions qu’il va tenter d’élucider tout au long de ce roman.

C’est un réel plaisir que de lire un polar écrit par Arnaldur INDRIDASON, écrivain islandais, dont la plume est largement saluée par les critiques littéraires. Je ne les démentirai pas bien sûr, l’intrigue est toujours très bien menée et le rythme soutenu, haletant…

J’ai particulièrement apprécié d’accompagner Erlendur dans sa quête de vérité et notamment dans sa prise de contacts avec des personnes âgées (les faits se sont passés il y a une soixantaine d’années !) que le poids des secrets fait courber l’échine.

Ce roman policier est original car deux affaires se superposent et s’entremêlent, l’une menée avec l’aide des témoins qui se souviennent (de bon ou de mauvais gré) et l’autre qui fait appel à son intimité et fait remonter de douloureux souvenirs personnels. La psychologie d’Erlendur est particulièrement intéressante à explorer…

Par ailleurs, l’écrivain dénonce le désastre écologique subi par l’Islande avec l’installation d’une fonderie d’aluminium en construction. Sur fond d’un roman policier, il mène un acte militant, bien vu !

C’est un TRES BON ROMAN POLICIER, je vous le conseille.

Un petit clin d'oeil aux auteurs de ce très beau cadeau, quelques initiés bien sûr !!!

Annie

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11 mai 2013

Léon et Louise d'Alex Capus

 


Livre trouvé au rayon « Nouveauté » de ma bibliothèque de quartier à l’occasion de la « Semaine de la mémoire », du 6 au 17 mai, et le titre évoquant les prénoms de mes aïeux, je le choisis spontanément.


Léon et Louise, un roman construit en forme de puzzle qui balaye les deux guerres mondiales et qui fait un gros plan sur la vie de famille des Le Gall, entre 1913 et 1961.


Philippe, le narrateur, pose la première pièce dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, devant le cercueil de son grand-père, Léon : « la famille est en train d’attendre le prêtre lorsqu’une petite dame, énergique, portant un foulard rouge, s’approche du cercueil, pose un baiser d’adieu sur le front du défunt et, en souriant malicieusement en direction de l’assistance, actionne une vieille sonnette de vélo ». « C’est Louise. Elle a osé. »


Qui est cette femme âgée de plus de 85 ans ? Je vous invite à faire sa connaissance. Je vous dirai juste que c’est quelqu’un qui pétille de bon sens et d’originalité. Son destin a chaviré quand elle avait à peine 20 ans, alors que la guerre battait son plein dans son petit village de Normandie.


On ne quittera plus des yeux le petit-fils qui pièce après pièce, reconstituera l’histoire de Léon, de Louise et d’Yvonne, sa grand-mère défunte, Madame Léon Le Gall, dernière pièce du puzzle. C’était une femme exceptionnelle d’un autre temps et c’est pour elle que j’éprouve le plus d’admiration et d’empathie. Lisez, vous comprendrez.


Alex Capus, l’auteur, nous brosse avec « un souffle narratif puissant » les conditions de vie pendant la guerre, l’Occupation, l’opération de sauvetage de l’or de la République…, avec une discrète touche d’humour qui donne au roman un parfum irrésistible.
mjo



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09 mai 2013

Prison avec piscine de Luigi CARLETTI

prison avec piscine

4ème de couverture :

Une piscine tranquille, au coeur d'une sage résidence romaine. Une piscine vers laquelle convergent tous les regards, parfois 
indiscrets. Une piscine où Filippo consent à descendre de temps à autre sur son fauteuil roulant, accompagné de "l'Indispensable", le fidèle Péruvien au service de sa famille depuis des lustres. Villa Magnolia est semblable à un petit bourg, tout le monde s'y connaît... Mais lors d'une chaude matinée d'été, survient un inconnu, un nouveau locataire. Au bord du bassin, l'homme exhibe son dos traversé par trois horribles cicatrices. Quelques jours plus tard il intervient manu militari pour défendre une résidente agressée par deux voyous que l'on retrouvera par la suite carbonisés dans leur voiture... 


Mais qui est cet énigmatique individu ? Et pourquoi devient-il peu à peu nécessaire à tous ?

Roman sélectionné dans le cadre du Prix des Lecteurs Angevins

prix des lecteurs angevins

Mon avis :

J’ai passé un bon moment, avec du suspens, pas un grand roman, mais un bon moment de lecture.

Voici mon nouveau classement :

10/10 Une seconde vie de Dermot BOLGER

 8/10  Le roi n’a pas sommeil de Cécile COULON

 7/10  Eux sur la photo d’Hélène GESTERN

 6/10  Le meilleur des jours de Yassaman MONTAZAMI

 5/10  Prison avec piscine

 4/10 Le mystère de Sherlock de J.M.ERRE

 3/10 Rêves oubliés de Léonor de RECONDO

 2/10 Nuage de cendre de Dominic COOPER

Annie

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08 mai 2013

Elle joue de Nahal TAJADOD

elle joue

Il est des romans qui nous permettent de porter un regard sur le monde et l’histoire, c’est indéniablement ce que fait le dernier roman de Nahal TAJADOD.

Sheyda naît en 1983, au moment de la guerre Iran-Irak. Son enfance est marquée par la guerre, la répression, les allées et venues dans cette maison à étages (chaque génération occupe un étage avec un lieu de rassemblement, le sous-sol, l’abri pour tous pendant les périodes rouges). Elève du Conservatoire de Musique, elle bénéficie d’un droit de circulation et d’une protection avec ses limites puisqu’en 1998, elle se fait agresser à l’acide dans la rue. Pour continuer à sortir librement, elle se transforme en garçon, rase sa chevelure et comprime sa poitrine. Devenue Amir, elle sort la tête nue, respire les gaz d’échappement de la ville, brave les interdits au guidon de son vélo, intègre un groupe de garçons, siffle les filles et se fait respecter. Fille d’un metteur en scène et passionnée de cinéma, elle prend des cours et joue, elle est sacrée Meilleure actrice du Festival du film de Téhéran. Sa carrière aurait pu être longue en Iran si elle n’avait décidé de mettre son talent à disposition d’un réalisateur américain, ennemi juré de son pays natal.  Son combat ne fait que commencer avec le pouvoir en place, Sheyda n’a peur de rien. « Elle a toujours aimé le danger comme partenaire de jeu ».

La construction de ce roman est originale, elle est basée sur des échanges entre deux femmes, la narratrice, l’écrivaine elle-même, et Sheyda, qui, sans le dire, n’est autre que Golshifteh FARAHANI. La première est née avant la révolution islamique de 1979, n’a jamais porté le foulard, a connu un pays de liberté, alors que la deuxième est née après cet évènement qui a fait entrer l’Iran dans une nouvelle ère. Page 264 : « Nous sommes toutes les deux des femmes, toutes les deux vivantes, nous sommes là, nous respirons les mêmes odeurs, nous entendons les mêmes sons. Mais quelque chose nous sépare à jamais. Un peu plus de vingt ans : tout un monde. »

Toutes les deux sont en accord, il convient de lutter contre le régime iranien pour que les arts continuent d’exister. C’est le combat qu’elles mènent, chacune à son niveau et avec les moyens qui sont les siens, pour que ce « rien » devienne quelque chose.

nahal tajadod 1 golshifteh-farahani (1)

Un très beau combat de femmes pour la LIBERTE !

Annie

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05 mai 2013

La Montée des cendres de Pierre Patrolin


Quand j’ai entendu l’auteur, à la voix étonnante et caressante, dire à la radio qu’il était difficile de trouver du bois dans le centre de Paris, j’ai voulu lire son livre.

Ce roman, sans histoire, sans émotion, sans états d’âme, parle d'abord du feu : « de l’air chaud qui s’enflamme, comme de l’eau qui mouille » et des cendres : « une poudre de matière grise, lisse, ni froide ni brûlante, une farine de poussière douce, vraiment grise, blanche plutôt, un blanc sale, soyeux, inconsistant, sans corps, sans texture sous la paume. Sans fibre ni grain. Comme une eau sèche, une étoffe doucereuse mais dénuée de trame. Une poudre de tissu velouté, satiné, doux. Léger. Un corps réduit à sa douceur, concentré dans sa capacité à ne pas peser ».


On ne saura rien du narrateur, sinon qu’il travaille, vit seul et vient d’emménager dans un appartement ancien, avec parquet et une cheminée, à Paris. Il a allumé son premier feu avec un briquet rouge, oublié par les déménageurs, et ses cartons de déménagement. Nous achetons du pain tous les jours, lui cherchera du bois ou de quoi allumer son feu quotidien qui est devenu un besoin et une priorité absolue, au point de dormir souvent sur le canapé devant sa cheminée. Or trouver du bois dans une ville où « aujourd’hui on peut traverser tout Paris sans y croiser le moindre feu, sans apercevoir une flamme » demande de la patience, de l’imagination et de la persévérance. L’entreprise s’avère d’autant plus difficile car, en ce mois de décembre, il pleut tous les jours et le bois mouillé demande du temps à faire crépiter des flammes.


D’ailleurs rentrer dans le livre demande également du temps car au bout de 10 pages vous vous demandez comment vous allez tenir les 185 pages à suivre le narrateur qui glane du combustible.


Et c’est là que la littérature opère et vous embarque par surprise. Ce livre n’est que nuances, harmonie, silence, lumière, appréhendés par les mots de Pierre Patrolin.


Le chapitre où il reçoit des amis est magistral et souligne un point central de notre mode de vie. On est pris en otage par le court-terme : on veut que tout se passe vite, très vite et on veut que tout soit plein, tout plein.

Un livre singulier, surprenant et marquant. Lisez-le !
mjo



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