27 octobre 2011
Le système Victoria de Eric REINHARDT
Tout comme David Foenkinos, Eric Reinhardt est régulièrement cité pour le Goncourt 2011 avec son dernier roman « Le système Victoria ». Toutes les critiques lui sont favorables, vous imaginez ma joie lorsque je l’ai découvert sur le présentoir des nouveautés de ma bibliothèque préférée !
Une fois n’est pas coutume, je vous livre la 4ème de couverture :
« Si j'avais renoncé, à cet instant précis, à lui adresser la parole, intimidé par la perspective de faire entrer dans ma vie une femme de cette stature ; si je lui avais dit : « Excusez-moi, je suis désolé, je vous ai prise pour quelqu'un d'autre », avant de m'éloigner et de rentrer chez moi ; si j'avais pu savoir que l'aborder entraînerait mon existence dans une direction où je n'étais pas sûr de désirer qu'elle s'aventure, Victoria n'aurait pas trouvé la mort un peu moins d'un an après notre rencontre. Elle serait encore vivante aujourd'hui. Je ne vivrais pas retiré dans un hôtel de la Creuse, au bord d'une route, séparé de Sylvie et des enfants, à ruminer ma culpabilité. Je n'aurais pas été détruit par le rôle que j'ai joué dans ce drame, ni par les deux jours de garde à vue qui en ont découlé. Le visage, les regards, la pitié de Christophe Keller ne se seraient pas installés dans ma conscience comme une obsession corrosive. Mais il se trouve que le visage de Victoria s'est tourné vers le mien et que j'ai basculé dans ce regard qui s'étonnait. »
Aucune surprise, la relation extraconjugale du narrateur va se solder par la mort de sa maîtresse et la rupture familiale mais l’intérêt de ce roman est bien ailleurs.
Les 522 pages de cet excellent roman sont consacrées au désir, à la relation fusionnelle entre ces deux êtres, à leurs ébats amoureux particulièrement sensuels, érotiques dans lesquels tous les fantasmes demandent à s’exprimer, à leurs risques et périls.
Bien sûr, ces êtres ont une vie en dehors de leurs rendez-vous amoureux et actes charnels, lui est Directeur de travaux et assure le suivi du chantier de construction de la tour Uranus à la Défense, elle est Directrice des Ressources Humaines dans une multinationale. Eric Reinhardt dénonce la pression qui pèse aujourd’hui sur les salariés : les délais à respecter, la nécessité d’innover et d’être les premiers, les coûts à rationnaliser, la mondialisation, les conflits sociaux… et le rapport à l’argent selon le niveau dans l’échelle sociale. Lui galère pour offrir de menus plaisirs à sa famille alors qu’elle s’offre les suites les plus luxueuses des capitales.
J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman, très bien écrit avec une intrigue qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière page !
Annie
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