RAPT
de Lucas Belvaux
Synopsis:
Homme d’industrie et de pouvoir, Stanislas Graff est enlevé un matin comme les autres devant son immeuble par un commando de truands.
Commence alors un calvaire qui durera plusieurs semaines. Amputé, humilié, nié dans son humanité, il résiste en ne laissant aucune prise à ses ravisseurs. Il accepte tout sans révolte, sans cri, sans plainte, c’est par la dignité qu’il répond à la barbarie.
Coupé du monde, ne recevant que des bribes d’informations par ses geôliers, Graff ne comprend pas que personne ne veuille payer la somme qui le délivrerait.
Au-dehors, son monde se fissure au fur et à mesure de la révélation de sa personnalité.
Tout ce qu’il avait réussi à garder d’intimité, son jardin secret, est révélé à sa famille par l’enquête de police ou celle de la presse.
Chacun découvre un homme qui est loin de ressembler à celui qu’il imaginait.
Mon avis
Cette histoire s’inspire de celle du Baron Empain (fin des années 70) dont « les plus jeunes » se souviennent certainement. Le film se déroule en deux parties, l’une sur l’enlèvement très réaliste ; Yvan Attal traduit très bien les peurs, les angoisses et les interrogations d’une victime lors d’une telle épreuve avec peu de mots, les regards en disent long…. Ce film vient confirmer également, que même dans les moments les plus difficiles qu’une famille et qu’un homme peuvent subir, les médias ne s’embarrassent pas avec les scrupules, voilà donc une famille livrée « aux chiens !... », alors même que l’industriel n’est pas encore délivré !... Les actionnaires du groupe qu’il dirige semblent également, pour certains, plus préoccupés par le cours de leurs actions que le drame humain que vit cet homme et sa famille. Toutefois, les différentes révélations faites par la presse nous aident à comprendre les réactions de son entourage lors de sa libération. Cette deuxième partie plus courte (dommage) est vraiment très intéressante avec l’étude psychologique d’une « certaine bourgeoisie », des personnes qu’il l’entourent lors de sa libération, le laissant, sans aucun doute encore plus seul qu’avant. Je me demande qu’est devenu cet homme aujourd’hui ? Cette épreuve, dont on ne peut sortir indemne, lui a-t-elle permise de vivre « sa vie ».
Brigitte