peine perdue

 

Après avoir lu récemment "Les lisières", j'ai replongé dans l'univers d'Olivier ADAM avec son tout dernier roman publié lors de la dernière rentrée littéraire.


Nous sommes sur la Côte d'Azur. Antoine est passionné de football mais dimanche dernier, le match a mal tourné. Il a écrasé son poing sur la figure d'un joueur. Il ne reviendra pas de sitôt sur un terrain et fait l'objet de menaces de vengeance de l'équipe adverse. Côté travail, ça ne va pas beaucoup mieux. Il se fait licencier pour avoir fumé un joint lors de sa pause. Côté famille, tout son univers est en train de s'écrouler. Marion a décidé de partir avec un autre homme, un vendeur de voiture avec costume cravate qui va pouvoir lui offrir, à elle et leur fils Nino, une vie meilleure. Il occupe ses journées dans un terrain de camping, sur la plage, à remettre en état des mobil-homes dans la prévision de la prochaine saison estivale. Il a d'ailleurs trouvé un toit dans l'un d'entre eux. Mais voilà, le pire pouvait encore arriver ! Il disparaît alors qu'une terrible tornade s'abat sur la côte.


Olivier ADAM se livre à un exercice d'écriture singulier. Il consacre chaque chapitre à un ou 2 personnages en particulier. Tout commence avec Antoine bien sûr, se poursuit avec Marion naturellement, et puis progressivement, Paul et Hélène y trouvent leur place, Marco, Sarah, Coralie... Pour le lecteur, c'est un jeu d'enfant. J'ai été toutefois très surprise par la réalité qu'offre le roman, rien à voir avec ce que j'avais pu entendre ou lire par ci par là, qu'il s'agirait du même événement vu par différents personnages, etc. Je suppose que certains chroniqueurs littéraires ne l'ont tout simplement pas lu et qu'ils auraient pu se passer d'en faire la promotion, ils ont bien failli me dissuader de lire ce roman-ci. Alors, ne vous y fiez pas ! Suivez plutôt les conseils de l'Antre des Mots...


Olivier ADAM est fidèle à lui-même. Il dresse le portrait d'une société anéantie où même ceux qui financièrement s'en sortent un peu mieux que les autres, psychologiquement, ils sont complètement démolis. Peut-être pourrait-il réfléchir à une écriture à 2 mains avec Jeanne BENAMEUR qui, elle, ne voit que de la lumière au bout du tunnel pour tous ses personnages. D'un autre côté, si Olivier ADAM leur trouvait des trajectoires brillantes, nous ne le croirions sans doute pas, alors... pourquoi changer ?


Je suis toujours très émue à la lecture de passages sur la souffrance et la déchirure endurées par les pères privés de voir leurs enfants. Dans "Peine perdue" comme dans "Les lisières", ce sujet est largement abordé. Les mots sont forts !


C'est un roman sans surprise mais quand on aime Olivier ADAM, on en accepte les règles !


Annie