le 4ème mur

 


Aïe, aïe, aïe, quand on perd le réflexe de publier régulièrement sur l'Antre des Mots, il est toujours aussi difficile d'y revenir !!!


Et c'est d'autant plus vrai quand le livre que j'ai à présenter est bouleversant.


C'est le cas avec "Le quatrième mur" de Sorj CHALANDON, Prix Goncourt des Lycéens 2013.


Imaginez des jeunes en rebellion contre la société, investis à l'adolescence dans des manifestations pour révolutionner le monde. Nous sommes dans les années 70, les bancs de la fac sont particulièrement chahutés. Ces jeunes engagés politiquement cherchent leur voie. C'est dans l'Art qu'ils vont s'orienter, le théâtre plus exactement. Ils font de belles rencontres et puis un jour, il y a l'amour, il y a un enfant. Mais les rêves sont toujours là... Samuel, metteur en scène, grec, juif, en a un : celui de monter Antigone de Jean ANOUILH à Beyrouth. Mais ce rêve là, il ne pourra le réaliser lui même, la maladie le ronge et ne lui laisse que quelques temps à vivre. Le narrateur devient dépositaire de ce rêve avec un accord tacite de le réaliser pour son ami. Les contacts sont établis, il ne reste plus qu'à s'envoler pour le Liban, nous sommes en 1982.


Commence alors une nouvelle vie, une vie dans un pays en guerre, une vie ponctuée par le son des explosions, par les barrages et autres contrôles d'identités, une vie dans laquelle s'affrontent des hommes et des femmes de religions différentes, une vie où les sentiments sont exacerbés, celui de la haine en particulier, au péril de la vie de nombreux civils.


Cette guerre là, nous qui sommes nés avant les années 70, nous l'avons vue à la télévision, relatée chaque jour tel un feuilleton, au point parfois de la banaliser. Mais la portée de ce roman va bien au delà. En mettant des noms sur des individus, en évoquant leur parcours, leur vie familiale, leurs souffrances, cette guerre là prend une dimension décuplée, une dimension que j'avoue avoir eu bien du mal à supporter.


A quoi me suis je accrochée alors pour aller jusqu'au bout ? Tout simplement, à une rencontre réalisée avec l'auteur lors du Salon du Livre de Paris 2014. Sorj CHALANDON avait alors présenté son dernier roman, largement inspiré de son parcours personnel. J'avais été troublée par sa difficulté à se réapproprier la tranquillité et le confort de la France lors de parenthèses professionnelles, de cette impression de n'avoir d'autre place que là bas. Ce sentiment est particulièrement bien décrit à travers le mal être du narrateur.


J'en profite pour saluer la qualité de la plume de Sorj CHALANDON qui fait que dès les premières pages, le lecteur est transporté dans son univers.


Et même si cette lecture a été difficile, parce que douloureuse, je voulais vous en faire part pour permettre de croiser nos regards. Alors, vous, qu'en avez vous pensé ?


Au plaisir de vous lire...


Annie