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Matabei REIEN, un vieil homme, est accueilli par Dame Hison dans sa pension située dans la contrée d’Atôra, au nord-est de l’île de Honshu (Japon). Il y rencontre différents personnages, Osaki TANAKO, un peintre d’éventail et jardinier du lieu, Anna et Ken, 2 amants, Hi-han accueilli à l’âge de 14 ans pour assurer la plonge de l’établissement, Enjo, une étudiante ressemblant étrangement à la jeune fille renversée accidentellement par Matabei et ayant succombé à ses blessures… Au décès d’Osaki TANAKO, Matabei décide d’assurer sa mémoire avec la protection des éventails et les soins au jardin. Il ne mesure pas encore à quel point ce petit paradis terrestre est fragile !

Il est toujours difficile de renouer avec le plaisir de lire après un coup de cœur… Et bien, le choix du roman de Hubert HADDAD s’est révélé judicieux, il s’agit d’un roman


E X C E P T I O N N E L


Au début de l’histoire, le lecteur s’adonne au plaisir de découvrir la qualité de la prose de Hubert HADDAD. Son écriture est poétique, raffinée, fouillée, tout à fait adaptée pour traduire la grâce des éventails et du jardin d’Osaki TANAKO. « A cette heure nocturne, le jardin exhalait les parfums les plus délectables, chrysanthèmes, seringats, sauges diverses, camélias, orchidées, miel des buddleias, roses encore, avec en embuscade cette senteur mémorable, un peu astringente, de terre retournée, d’écorce et de feuilles mortes. » (P. 66).


Alors que le lecteur commence à s’habituer à cet environnement protégé, l’écrivain réussit un coup de maître avec l’émergence d’une catastrophe naturelle majeure et la formidable énergie déployée par ce vieil homme pour sauver ce qui peut encore l’être… Je ne vous en dirai pas plus sur la suite des évènements bien sûr, si ce n’est que j’ai été profondément troublée par le pouvoir de la contemplation. Le beau y revêt ses lettres de noblesse, un bijou !


La cerise sur le gâteau : ce très beau roman est ponctué d’haïkus, je vous en livre quelques uns pour vous donner une petite idée de ce qui vous attend :


« Bec et plumes
l’encre est à peine sèche
qu’il s’envole déjà »

« Fraîcheur de la neige
Dans ce brouillard crépitent
Les cristaux d’haleine »

« Prendre son envol –
A l’heure des migrations
Peindre une plume »


Ce roman fait partie de la sélection du Prix littéraire des Inter-CE et des lecteurs Angevins.

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J’ai tellement été séduite que je vais lui décerner la meilleure note : 10 sur 10. Le voilà donc en tête du classement devant :


- La silencieuse d’Ariane SCHEDER : 9 sur 10
- Des larmes sous la pluie de Rosa MONTERO : 8 sur 10
- La lettre à Helga de Bergsveinn BIRGISSON : 7 sur 10


Annie