Cette écrivaine américaine est particulièrement prolifique et pourtant, le hasard ne m’avait pas encore été donné de découvrir sa plume.

 

Il aura fallu la rencontre aléatoire d’une copine à la bibliothèque pour me conseiller son coup de cœur : « Les Chutes ». Le rayonnage des O devenait incontournable et quel plaisir de découvrir que le livre convoité m’attendait (les habitués des bibliothèques me comprendront certainement, découvrir la disponibilité d’un livre recherché confère un premier moment de bonheur !!!).

 

Ce roman est tellement dense qu’il m’aurait été difficile de faire mieux que ce qu’en dit la 4ème de couverture :

 

« Veuve au matin d'une nuit de noces hallucinante, lorsque son époux, un jeune pasteur, se suicide en se jetant dans les Chutes du Niagara, Ariah Littrell se considère désormais comme vouée au malheur. Pourtant, au cours de sa semaine de veille au bord de l'abîme, en attendant qu'on retrouve le corps de son mari d'un jour, La Veuve blanche des Chutes (ainsi que la presse l'a surnommée avant d'en faire une légende) attire l'attention de Dirk Burnaby, un brillant avocat au cœur tendre, fasciné par cette jeune femme étrange. Une passion improbable et néanmoins absolue lie très vite ce couple qui va connaître dix ans d'un bonheur total avant que la malédiction des Chutes s'abatte de nouveau sur la famille. Désamour, trahison, meurtre ? C'est aux enfants Burnaby qu'il reviendra de découvrir les secrets de la tragédie qui a détruit la vie de leurs parents. Une quête qui les obligera à affronter non seulement leur histoire personnelle mais aussi un sombre épisode du passé de l'Amérique : les ravages infligés à toute une région par l'expansion industrielle gigantesque des années 50 et 60, expansion nourrie par la cupidité et la corruption des pouvoirs en place. Un roman aussi beau et tumultueux que ces Chutes au charme maléfique. »

 

C’est un roman très fort où la présence des Chutes du Niagara (Etat de New York aux Etats-Unis) est puissante, j’ai eu l’impression de les voir et surtout de les entendre tout au long de ma lecture. Outre leurs éléments physiques qui activent les sens (la vue, l’ouïe, l’odorat…), les Chutes revêtent un pouvoir hypnotisant, irrationnel sur les êtres, tantôt un besoin irrépressible de les côtoyer au risque de s’y laisser glisser, tantôt la nécessité de les fuir pour gagner en sérénité et oser vivre sa vie. Sous la plume de Joyce Carol OATES, les Chutes donnent leur titre à un très beau roman aux franges du mysticisme, de la sorcellerie.

 

C’est un roman engagé aussi. L’auteure y dénonce une catastrophe environnementale liée au développement industriel et au dépôt de déchets toxiques dans le lit du Love Canal. Des déchets issus de l’industrie y ont été déposés, mais aussi, dans les années 40, des déchets des activités militaires, radioactifs, déchets liés à la mise au point de la bombe atomique.

 

C’est enfin un roman sur le poids des secrets de famille et la quête des origines. Je vous livre une citation du livre lorsque le 2ème fils découvre le passé de son père dans les coulisses de la bibliothèque publique où sont archivés les journaux, p. 355 « Il avait l’impression qu’une porte s’était brusquement ouverte dans le ciel, là où l’on ne soupçonnait pas qu’il pût y en avoir une. Une ouverture énorme par laquelle brillait une lumière. Comme brillait souvent une lumière entre les nuages d’orages, à peine quelques minutes parfois, dans le ciel au-dessus des Grands Lac. C’était une lumière aveuglante, blessante, pas encore éclairante. Mais c’était une lumière. »

 

Bref, c’est un excellent roman !

 

Annie