la petite trotteuse

Il est des romans qui, dès les premières phrases, plongent le lecteur dans un univers si particulier qu’il ne pourra s’en échapper avant d’avoir parcouru la dernière ligne. Le roman de Michèle LESBRES, « La petite trotteuse » est de ceux-là !

Alors, une fois n’est pas coutume, en guise d’amuse-bouche, je vous propose de partager ces quelques phrases :

« LA GARE ETAIT ASSOUPIE SOUS LE SOLEIL. J’étais seule à descendre du train, à traverser un hall silencieux et désert. Je pensais que si j’achetais la maison que je venais visiter, ce décor pourrait devenir familier. C’était une étrange idée, je ne l’achèterai s pas plus que toutes les précédentes. Je me contentais d’explorer les lieux et de m’abandonner à quelques rêveries qui me rapprochais peu à peu de ce que je cherchais et que j’étais incapable de formuler clairement. Je savais que cette maison était la dernière, et sans doute était-ce la raison pour laquelle j’éprouvais un peu d’anxiété, mais aussi une sorte de soulagement. Ce parcours épuisant touchait à sa fin. Du moins je l’espérais. »

Je me suis sentie engloutie par cette torpeur, happée par l’atmosphère de cette gare, captivée par le parcours de cette femme, et enthousiasmée à l’idée de l’accompagner pour cette dernière étape mystérieuse.

Ce roman est court, 191 pages, mais d’une extrême densité. Au fur et à mesure de la découverte de son hôtel et de la visite d’une maison à vendre, située en bord de mer, la narratrice fait parler les murs et laisse ressurgir ses souvenirs. Cette femme a beaucoup à nous dire, de son passé bien sûr, mais aussi de sa démarche, sa quête…  

Les sujets du couple, du deuil, de la mémoire y sont largement abordés, un très beau programme !

Ce livre m’a permis de découvrir l’écriture de Michèle LESBRES, une écriture juste, puissante, que j’apprécierai de retrouver… 

Très bon roman !

Annie