prince d'orchestre_metin arditi

Metin ARDITI, c’est cet auteur italien qui m’a séduite avec « Le turquetto », rencontré au Salon du Livre de Paris en 2012 !

Depuis, il a sorti « Prince d’orchestre ».

Là, il ne s’agit pas d’aborder la peinture, mais un tout autre champ artistique, celui de la musique, aux côtés du Chef d’Orchestre s’il vous plaît.

Le prologue dont je vous livre un extrait : « Le dimanche 15 août 1998, aux alentours de midi, un homme se défenestra du cinquième étage d’un immeuble, situé place du Cirque à Genève. » nous annonce une tragédie.

Cet homme n’est autre qu’Alexis Kandilis, un jeune homme, Chef d’Orchestre, qui fait un triomphe dans le monde symphonique. Grâce à lui, le lecteur va appréhender un domaine qui peut lui être inconnu, mais guidé par Metin ARDITI, il lui devient accessible. Dans cet univers, chacun a sa place : « premiers et seconds violons sur sa gauche. Un peu plus haut, les harpes. Au centre, flûtes-clarinettes-hautbois. Sur trois gradins : timbales, percussions, tuba. A droite, les cordes graves : altos, violoncelles, contrebasses… ».

C’est un univers où les élites se comptent sur les doigts d’une main, voire parfois moins. Imaginez donc l’intensité de la lutte pour atteindre le sommet. Et quand vous êtes au sommet, le plus difficile est d’y rester. Une simple erreur et les mélomanes feront de vous le plus minable !

C’est cette apogée que nous décrit Metin ARDITI, et surtout, cette lente descente aux enfers. Avec les femmes, les jeux d’argent (le poker, les casinos…), c’est un homme qui va lentement se détruire, multipliant les faux pas…

La composition sera-t-elle sa bouée de sauvetage ? C’est ce que je vous propose de découvrir avec ce très beau roman.

C’est un très beau roman qui montre le pouvoir de l’art, cette capacité à transcender les fragilités de l’être humain, cette capacité à le rendre exceptionnel, puissant, magistral…

C’est aussi un roman qui dénonce le pouvoir des médias sur toute carrière artistique. Ils sont capables du meilleur lorsqu’il s’agit de valoriser les qualités d’un individu comme du pire pour le réduire à un moins que rien, s’acharner sur lui jusqu’à son dernier souffle…

C’est également une œuvre qui fait la part belle à un homme, un père qui accompagne Mikaël, dans le coma depuis un accident, un homme qui attend la moindre petite pression des doigts de son fils… un autre combat celui-là, celui d’un père, humble, modeste, qui croît en la vie dans ce qu’elle a de plus beau, loin des choses superficielles…

Annie