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le vase

La vieillesse est le sujet de plus en plus exploré par les écrivains pour tenir compte de l’évolution de notre société bien sûr.

Alors, pour se distinguer, les auteurs rivalisent d’ingéniosité. Frédérique MARTIN choisit de recourir à des échanges de correspondances entre Joseph et Zika, un couple uni depuis 56 ans, empreint d’amour.

Voici la 4ème de couverture de ce roman :

« Parce que leurs enfants ne peuvent les héberger ensemble lorsque Zika doit aller se faire soigner le cœur, Joseph et elle se retrouvent séparés après plus de cinquante-six années de vie commune. Lui est accueilli chez leur fils Gauthier à Montfort, elle chez leur fille Isabelle à Paris. Commence alors entre eux une relation épistolaire qui voit s'éloigner la perspective de leurs retrouvailles et se déliter leur univers. En se rebellant contre cette séparation forcée, Zika et Joseph découvrent la face cachée de leurs enfants et leurs propres zones d'ombre. Jusqu'au drame final, où ils devront affronter le désastre humain qu'ils ont engendré. »

Le seul désir des deux personnages principaux : vieillir ensemble. Arriveront-ils à surmonter les obstacles que présente la société française à l’aube du XXIème siècle ? La recomposition des familles, le travail des hommes et des femmes, l’homosexualité, la souffrance psychique…

J’ai été très émue par ce roman où la tendresse occupe une très grande place dans les relations qu’entretient ce couple. Les attentions sont délicates même si la vie ne les a pas épargnés et qu’il suffit parfois d’un détail pour faire resurgir les craintes, la jalousie…

Ce sont aussi les relations entre parents et enfants qui sont mises sous les projecteurs, particulièrement celles entre mère et fille, de quoi nous offrir quelques sources de méditations pour l’avenir…

La qualité d’écriture de Frédérique MARTIN est également à saluer. Sur un ton poétique parfois, voire humoristique, elle aborde le vieillissement avec une forme toute singulière.

Je vous livre deux citations qui me paraissent représentative de son talent :

« Le grand âge me répugne, resserré, avilissant. Alors que l’esprit s’élance, le corps se ratatine. Je suis plus lucide qu’à vingt ans, c’est maintenant que je pourrais en profiter, aimer, et jouir de cette faculté de clairvoyance qu’on atteint à grand-peine. L’âme est anéantie par les organes, on ne peut que douter de tout après qu’on a compris cela. »

« Je suppose qu’à un moment on tombe de l’enfance, on s’en écrase comme d’un pommier trop haut quand on se rend compte que vieillir, c’est une manière lente de disparaître. »

Très beau roman

Annie