journal d'un corps

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le corps de l’homme (entendez là « sexe » « masculin », et croyez-moi, les deux termes sont de la plus haute importance !) sans jamais oser le demander se trouve dans cet ouvrage !

Un homme décide de tenir un journal intime un peu original. En fait, il le dédie à son corps. Depuis l’âge de 12 ans 11 mois et 18 jours, à un moment où son corps chétif le rend malheureux,  jusqu’à 87 ans, il va noircir des pages de ses comportements physiques, se laissant surprendre par certains, en anticipant d’autres, en redoutant d’autres encore… C’est en réalité la conquête de ce corps qu’il va nous relater et son combat pour ne plus en avoir peur.

Sa dernière volonté sera de voir ce journal un peu particulier remis à sa fille lorsqu’il ne sera plus de ce monde. C’est donc également une relation posthume qu’il imagine avec sa fille, ponctuant quelques passages d’explications complémentaires, l’incitant parfois à passer quelques pages qui risqueraient de l’ennuyer…

Le sujet est grave, il s’agit de ce corps, notre dénominateur commun dont nous redoutons tous les faiblesses. Le ton est tantôt cru, tantôt humoristique, je vous livre quelques petites perles :

« 29 ans, 7 mois, 28 jours

Cette différence entre le câlin de pure tendresse et celui que l’on consent pour en finir avec les pleurs. Dans le premier cas le bébé se sent au centre  de l’amour, dans le second il sent l’envie de le jeter par la fenêtre. »

« 55 ans, 4 mois, 21 jours

Certains changements de notre corps me font penser à ces rues qu’on arpente depuis des années. Un jour, un commerce ferme, l’enseigne a disparu, le local est vide, le bail à céder, et on se demande ce qu’il y avait là auparavant, c’est-à-dire la semaine dernière. »

« 56 ans, 9 mois, 27 jours

Pas de femmes, pas de café, pas de tabac, pas d’alcool. Et avec ça, je vivrai plus vieux ? Je n’en sais rien, dit le médecin, mais le temps vous paraîtra plus long. »

« 70 ans, 5 mois, 3 jours,

Mesdames et messieurs, nous mourons parce que nous avons un corps, et c’est chaque fois l’extinction d’une culture. »

« 85 ans, [ …]

Mon corps et moi vivons la fin de notre bail en colocataires indifférents. Plus personne ne fait le ménage et c’est très bien comme ça. »

Hormis la période 40-50 ans un peu longue et sans réel intérêt du point du vue corporel, j’ai passé un très bon moment de lecture où les petits secrets sont dévoilés comme si de rien n’était…

Et les femmes, elles, qu’auraient-elles à dire de leur corps ?

Annie