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2ème très belle découverte de la rentrée littéraire de septembre 2012 : le dernier roman de Gwenaëlle AUBRY !

Vous vous souvenez certainement de son roman « Personne », dont Annie Du B avait fait une présentation élogieuse lors d’une rencontre de l’Antre des Mots : http://lantredesmots.canalblog.com/archives/2010/02/01/16748752.html. Nous avions d’ailleurs été plusieurs à être conquises si j’en crois les commentaires qui avaient été publiés.

Cette fois, Gwenaëlle AUBRY aborde un sujet tragique, celui  du conflit israëlo-palestinien, et choisit la forme d’un roman à 2 voix.

Celle de Sarah tout d’abord : jeune fille de 17 ans, juive, elle a vécu toute son enfance à New-York, là où son grand-père, Aron, avait émigré en 1939, sa grand-mère est morte, elle, au ghetto de Varsovie. Mais au lendemain des attentats du 11 septembre, sa mère, Hannah, divorcée, décide de quitter les Etats-Unis pour aller vivre en Israël. Le frère de Sarah, David, âgé de 12 ans de plus qu’elle, y est installé. Il s’y est marié avec Yaël. Il les attend. C’est dans ce contexte que Sarah arrive en terre sainte et découvre le Mur.

Celle de Leïla ensuite : jeune fille de 17 ans, palestinienne, son enfance à elle est faite de la vie quotidienne d’un camp de réfugiés. Son père est architecte, il travaille pour les juifs. Toute la famille est menacée de mort. Ses frères sont emmenés, violentés. Raed ne reviendra jamais, Youssef, lui, arrangera le mariage de sa sœur à son retour.  

Leïla n’en peut plus de cette violence et de la peur qu’elle engendre. Son corps aussi les refuse.

Elle va trouver sa voie avec le Coran :

Ne crois surtout pas

Que ceux qui sont tués

Dans le chemin de Dieu sont morts.

Ils sont vivants !

L’histoire se déroule au moment de la 2ème intifada.

Gwenaëlle AUBRY évoque le rapport aux morts, la grande Histoire, la place de la religion, tantôt en rapprochant ces deux jeunes filles, tantôt en les distinguant.

Vous connaissez le plaisir que j’ai à découvrir (ou redécouvrir) des pages d’histoire au gré des romans. Celui-ci n’y échappe pas et dans le contexte de tensions actuel, un petit rappel des faits est toujours le bienvenu : la déclaration Balfour, les émeutes  de 1920, la guerre d’indépendance, la création de l’Etat d’Israël prononcée par David Ben Gourion le 14 mai 1948…

Un peu de musique buzuq vous ferait plaisir ? Gwenaëlle AUBRY fait référence à Matar Muhammad, voici le lien : http://www.deezer.com/fr/artist/56488

A lire absolument !

Annie