l'amour sans le faire

A la rentrée littéraire de septembre, j’ai découvert avec plaisir la sortie d’un nouveau roman de Serge JONCOUR, mais, quand j’ai entendu quelques critiques littéraires dire qu’il s’agissait d’un nouveau JONCOUR, je me suis interrogée sur sa qualité. Après avoir beaucoup apprécié son esprit « décalé » dans « Vu » et « U.V. » (désolée, je n’ai pas  d’article à vous proposer, les lectures ayant eu lieu avant la mise en ligne de notre cher blog !), j’ai commencé à lire avec un peu d’appréhension.

Mais, croyez-moi, il s’agit d’un très beau roman où l’empreinte de Serge JONCOUR y est indélébile.

Imaginez : deux personnages, Louise et Franck. Ces deux-là ont été malmenés par la vie. Elle, elle est veuve depuis 6 ans alors qu’elle est encore toute jeune, mère d’un fils qu’elle a confié aux parents de l’homme décédé. Côté professionnel, ça n’est pas bien réjouissant, le plan social lui laisse imaginer le licenciement à courte durée. Elle vit dans la précarité.  Lui, il a quitté la ferme de ses parents il y a 10 ans pour la capitale, passionné de caméra qu’il était. Sa vie n’est qu’effleurée mais le lecteur imagine les blessures qu’il a pu endurer.

Ils vont décider chacun de s’offrir une parenthèse à un moment de leur vie et par le plus grand des hasards, ils vont se retrouver dans le même lieu où, pour chacun d’eux, les souvenirs affluent. Sauront-ils les surmonter pour se construire un avenir ? Rendez-vous pas 320 !

C’est un très beau roman, beau pour les sentiments qu’il véhicule bien sûr, mais beau aussi par la manière qu’il a de présenter la nature, les relations des hommes et des femmes du monde rural, en décalage avec celles des urbains. Il fait émerger des réalités avec justesse, pudeur, délicatesse, sans vulgarité.

C’est un roman engagé aussi. Serge JONCOUR dénonce la vie de salariés d’aujourd’hui, les rachats d’entreprises, les plans sociaux, la mort lente jusqu’à l’agonie de l’outil de travail, les conséquences sur les hommes et les femmes vivant dans l’angoisse du compte débiteur.

Je ne peux que vous le conseiller !

Annie