Nous sommes éternels de Pierrette Fleutiaux
« Un roman qui décrit l'amour éternel unissant un frère et une soeur, Dan et Estelle... mais l'Histoire jette des ombres très longues. Un pacte redoutable règne sur la maison Helleur. On aura appris peu à peu à connaître ce Helleur, avocat modeste et bon, Tirésia, ensevelie vivante sous ses voiles, Nicole, si jolie et un peu folle, Adrien, le voisin, l'ennemi intime, le vieux docteur Minor, d'autres encore, de plus en plus complexes, de plus en plus profonds. Les surprises se succèdent jusqu'à la dernière page, du jardin d'une petite ville de province au loft d'un chorégraphe dans New York en proie à l'hiver et à la neige, sans oublier l'illustre restaurant Point à Vienne, un monastère du Vercors, Paris sous les toits... »
Prix Femina 1990, c’est le plus beau roman que j’ai lu cette année : 822 pages de brouillard en toile de fond, magnifiquement écrites (Pierrette Fleutiaux a écrit aussi « des phrases courtes ma chérie ») dans une histoire familiale obscure (le mot est faible), quelques éclaircies mais toujours enrobées de nuées et une fin explosive qui vous pénètre comme une flèche en plein cœur.
Que dit l’auteur dans ce livre bien charpenté, au style dynamique et truffé de métaphores qui m’ont transportée très haut ?
Que l’on n’échappe pas à ses origines et même si l’on traverse tous les océans, elles sont là. Alors il faut organiser son existence avec un système de symbolique pour se préserver. Il est impossible d’arranger son destin. L’imaginaire reste la bouée de sauvetage. Dan et Estelle l’ont compris très tôt dans leur maison à la campagne qui respire de lourds secrets.
Et l’inceste dans tout cela ? Dans le cas de Dan et d’Estelle il nous prouve qu’il ne faut pas confondre pulsions biologiques et véritable magie. Ces deux êtres sont aussi solidaires que les briques d’un même mur depuis la naissance de Dan (Estelle avait 5 ans) et leurs sentiments, leurs soupirs agissent comme du ciment.
Mais la mort rôde, omniprésente, à hurler.
Le lecteur ne lâche plus sa torche pour arriver à la fin du livre que l’auteur enflamme pour raconter une histoire inouïe.
Merci Marylène pour ce prêt. Impossible d’oublier cette lecture d’été 2012 !
mjo





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Annie du B.