le_cas_sneijder

Paul Sneijder, 60 ans, narrateur, partage sa vie avec Anna, son épouse, et ses 2 garçons, Hugo et Nicolas, copies conformes de leur mère. L'ambiance familiale est singulièrement tendue, imprégnée d'indifférence.

  

Marié une première fois à Gladys, Paul a une fille, Marie, de cette première union, mise à mal par l'alcoolisme de Gladys. 2 ans après leur mariage, ils divorcent. Gladys mourra dans un accident de voiture avec plus de 3 grammes d'alcool dans le sang.

 

Anna a toujours refusé la présence de Marie sous son toit, ce qui oblige Paul à quelques séjours réguliers chez ses parents pour entretenir les moments d'intimité qu'il souhaite partager avec sa fille. 

 

Le 4 janvier, alors que Marie s'est offert un séjour avec des amis non loin de la résidence paternelle pour fêter le nouvel an, Paul retrouve sa fille pour passer la journée avec elle. Une rencontre professionnelle de Marie les contraint à l'usage d'un ascenseur pour atteindre le 28ème étage d'un immeuble de Montréal. La montée se passe sans encombre mais la descente sera l'objet d'un accident mortel, Paul sera le seul survivant, sa fille, Marie, y laissera la vie.

   

Après quelques semaines dans le coma, Paul ouvre les yeux et découvre la dure réalité. Il ne le sait pas encore mais une nouvelle vie commence pour lui.

  

Jean-Paul Dubois nous livre dans ce roman une critique caustique de notre société.

 

Il dénonce la fracture sociale qui y sévit, ce couple est rongé par le fossé existant entre les catégories socio-professionnelles des deux conjoints, l'échange y est impossible, l'imcompréhension y est totale. Mais pire encore, l'être supérieur, le dominateur, par son harcèlement permanent, mène l'être inférieur, le dominé, à sa destruction.

 

Il y voit une absence totale de tolérance et de respect de l'autre, au gré du thème central bien sûr mais aussi dans le cadre de parenthèses disséminées tout au long du roman (l'homosexualité par exemple). 

 

C'est aussi le déni des sentiments à l'image de cette femme qu'il dit privée d'affect qu'il met en exergue. Notre société oblige les êtres humains à masquer leur peine, leur douleur, au risque de laisser apparaître leurs faiblesses. Le deuil y est abordé de façon cruelle.

 

Enfin, malgré cette volonté affichée du personnage principal de se reconstruire, Jean-Paul Dubois reste fidèle à son style, sombre, dramatique, le chemin sera semé d'embuches vous pouvez vous en douter. Mais jusqu'où ira-t-il ?

 

Je ne pouvais pas vous quitter sans vous livrer un sujet de réflexion :

 

"Il y est en particulier expliqué une chose fondamentale : il convient de ne jamais perdre de vue qu'on ne construit pas un ascenseur dans un immeuble mais un immeuble autour d'un ascenseur. Il est au centre de tout. C'est lui qui simplifiera votre vie ou au contraire la transformera en enfer."

 

Pour le meilleur et pour le pire donc... je vous l'assure, après la lecture de ce roman, vous ne prendrez plus jamais un ascenseur sans penser au destin de cet homme !

 

J'ai beaucoup aimé la lecture de ce roman, à l'image d'un autre, lu précédemment "Les accommodements raisonnables" du même auteur. C'est l'approche psychologique des relations entre les hommes qui en fait un ouvrage intéressant, vous l'aurez compris.

 

Annie