« Compostelle est en Galicie, au bout de l’Espagne, on peut dormir dans des auberges pour pèlerins, le chemin suivrait la Voie lactée, enfiler deux paires de chaussettes c’est mieux, des gens marchent sur ce chemin depuis l’an 957, dans le sac à dos l’essentiel et pas un gramme de plus, 1600 kms entre le Puy-en-Velay et Compostelle, soit deux mois de marche ». p 89


Durant les 15 derniers jours, j’avais hâte de retrouver, tous les soirs, Mara, Robert, Sept Lieues, Henrique, Bruce, Clotilde, le Breton, partis sur le chemin, « avec des mystères comme des petits moteurs planqués dans les sacs à dos. Des mystères tristes ou gais, qui leur faisaient dévaler les pentes, traverser les rivières, se lever chaque matin pour prendre la route »….Le froid des refuges, la fatigue, la solitude, rien ne pouvait leur arriver ».


Le style de l’auteure, dont c’est le premier roman, est d’une grande délicatesse et dégage une chaleur d’âme précieuse. Elle sait nous faire sentir l’énergie qui grésille dans les corps des pèlerins, lestés d’une cause perdue mais dont « chaque petit pas apporte une force nouvelle qui peut faire déplacer des montagnes ».


A la fin du livre, on a des fourmis dans les jambes et on a envie de partir, sur le champ !


Merci Sophie pour ce beau cadeau partagé ! Et en parlant de cadeaux, dont c’est l’actualité brûlante, j’ai relevé une dernière phrase, qui accroche :


« La vie fait des cadeaux, mais tout aussi souvent, ils sont si mal emballés qu’il faut du temps pour comprendre que ce qui t’es arrivé est un cadeau. » p 329


Je le dis haut et fort : ce livre est un cadeau, à l’emballage somptueux !
mjo