ce que je sais de vera candida

Après avoir récemment découvert l’écriture de Véronique Ovaldé lors de la rentrée littéraire septembre 2011 avec la lecture de son roman : « Des vies d’oiseaux », j’ai eu envie de lire autre chose de cette romancière et notamment « Ce que je sais de Vera Candida » lauréat en 2009 des prix Renaudot des Lycéens, France Télévisions et Grand Prix des Lectrices de Elles.

Dans une Amérique du Sud imaginaire, les femmes se suivent et se ressemblent. Evoluant dans un univers où la misère et le sexe sont prégnants, toutes vécurent une grossesse alors qu’elles n’étaient encore que des adolescentes, toutes eurent des filles, toutes refusèrent de communiquer le nom du père à leur enfant. Mais l’une d’entre elles, Vera Candida, a décidé de s’émanciper et d’échapper à ce destin tout tracé. Elle rencontrera sur son chemin, Itxaga, qui lui fera découvrir la culture et favorisera son émancipation.

Véronique Ovaldé dissèque les relations mère-fille dans un univers où les femmes subissent viols et abus sexuels, incestes, vivent leur grossesse comme une fatalité et délaissent leurs filles par négligence et manque de maturité. Rose Bustamente, la grand-mère, Vera Candida, la petite-fille, sont courageuses, orgueilleuses, des qualités qui leur donnent la force d’affronter les épreuves de la vie.

La vie n’est pas rose pour ces femmes mais Véronique Ovaldé s’attache à prouver que le destin n’est pas irréversible. C’est en réalité un message d’espoir qu’elle transmet avec ce roman. Je vous livre un extrait du chapitre « La conversion de Vera Candida » : « Quand Vera Candida pensait à la période précédant son installation chez Itxaga, elle avait l’impression d’avoir vécu coincée dans le tiers -monde et que peu à peu son pays - circonscrit à son corps, son esprit et sa fille - s’était ouvert à une certaine forme de démocratie et de richesse. Il lui semblait qu’à l’époque elle ne parlait pas ou si peu qu’elle bredouillait ce qu’elle avait à dire et que la parole lui avait été donnée au contact d’Itxaga. Elle se souvenait d’elle-même comme d’un petit animal fruste et effrayé. » Que de chemin parcouru !

J’ai beaucoup aimé ce roman de Véronique Ovaldé.

Annie