28 octobre 2011

Rose de Tatiana de ROSNAY

rose

Il n’y a pas si longtemps, je vous présentais « Le cœur d’une autre » de Tatiana de ROSNAY. J’avoue que la qualité de l’écriture de cette romancière et l’approche psychologique qu’elle fait de ses personnages me séduisent tout particulièrement. C’est donc avec beaucoup de plaisir que je me suis plongée dans son tout dernier roman : « Rose ».
Une vieille dame, domiciliée à Paris, est expropriée, comme ses voisins, de la rue Childebert pour permettre la construction des grands boulevards parisiens au XIXème siècle.  Cette maison représente le patrimoine familial. Depuis sa construction, ce sont trois générations de la famille de son défunt mari qui s’y sont succédées. Depuis le décès d’Armand, deux personnes l’ont soutenue et lui ont fait découvrir le plaisir, ses deux locataires des commerces du rez-de-chaussée, Monsieur Zamaretti avec les livres et Alexandrine avec les fleurs. Fidèle à la dernière volonté de son mari (préserver cette maison), elle refuse de la quitter. Tous ses effets personnels sont partis chez sa fille en vue de son futur relogement. Elle n’a gardé qu’une boîte dans laquelle sont conservées toutes ses correspondances. Une dernière fois, elle prend sa plume et dédie sa prose à son mari décédé pour lui expliquer la situation, son déchirement et sa volonté de résister, à tout prix.
C’est un très beau roman. Cette vieille dame est particulièrement attachante, elle nous fait prendre conscience de la valeur sentimentale de la pierre et des souffrances engendrées par toutes ces démolitions. Elle en profite pour nous relater sa vie, son enfance douloureuse, ses relations avec son mari, la naissance de ses enfants, le deuil d’un fils décédé du choléra, et un terrible secret (Mjo, j’ai noté la page… n° 224 !!!).
Tatiana de ROSNAY accorde beaucoup d’importance à la mémoire des murs. Vous vous souvenez bien sûr de son roman « Elle s’appelait Sarah ». Cette fois, elle consacre son livre à la reconquête de Paris, aux grands chantiers, et à rappeler que des hommes et des femmes habitaient dans ces quartiers au moment de leur rénovation. Une véritable leçon d’humanisme !
Les sentiments sont beaux, les mots sont justes, c’est un plaisir. 
Le roman est ponctué de lettres que cette vieille dame sort de sa boîte de pandore, ce qui lui donne un charme et une valeur tout à fait singuliers à l’ère des courriels et autres échanges téléphoniques. 
Je ne résiste par à vous livrer un extrait dédié à l’apport de la lecture pour cette vieille dame : « Parfois, la lecture d’un livre m’entraîne vers un autre. Avez-vous connu pareille expérience ? J’en suis sûre. Je l’ai découverte assez tôt. Monsieur ZAMARETTI me laissait rôder entre les rayonnages. Il m’est même arrivé de grimper l’échelle pour atteindre les étagères du haut. Vous voyez, Armand, j’étais animée d’une faim nouvelle, et certains jours, j’étais véritablement vorace. Le besoin de lire s’emparait de moi et exerçait sa délicieuse et grisante emprise. Plus je lisais, plus j’avais faim. Chaque ouvrage était riche de promesse, chaque page que je tournais était une équipée, l’attrait d’un autre monde. » Je suis persuadée que ce paragraphe fait écho à certaines de vos réalités…
Annie

Posté par jellybelly à 19:17 - - Commentaires [3] - Permalien [#]



Commentaires sur Rose de Tatiana de ROSNAY

    affamée, oui

    Annie, c'est toi qui nous donne faim avec tes belles présentations dans le blog ! Je vais devenir obèse tellement mon appétit grimpe à vive allure.
    Et de surcroît, tu évoques des secrets à mon intention. Ah la la, que c'est dur d'attendre.

    Posté par mjo, 28 octobre 2011 à 19:44 | | Répondre
  • J'aime beaucoup son écriture et j'ai encore deux livres dans ma PAL de cette auteure. Encore quelques heures de bonheur.

    Posté par Astrid, 03 novembre 2011 à 08:53 | | Répondre
  • Charmée

    Encore une fois, Tatiana de ROSNAY mêle la Grande Histoire à la petite avec brio : la reconstruction d'un Paris moderne orchestrée par le préfet Haussmann et les secrets de famille ancrés dans la maison de Rose. Un roman captivant et une fine analyse des sentiments de chacun des personnages. A découvrir

    Posté par Caro, 25 mai 2012 à 14:55 | | Répondre
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