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Grand-père, c'est l'histoire de Picasso, l'un des plus grands génies du siècle vu à travers les yeux d'une enfant, Marina, sa petite-fille. En 1973, à la mort du peintre, elle a vingt-deux ans. Pendant trente ans, elle se tait. Il lui aura fallu toutes ces années pour mettre des mots sur sa souffrance, pour caresser avec une émotion infinie et pleine de pudeur cette cicatrice. De la manière la plus intime, la plus terrible, Marina Picasso écrit jusqu'au-delà de la douleur, là où se trouve aujourd'hui sa liberté : ses enfants et ceux du bout du monde.

Commentaire :

On ne peut rester indifférent à un tel récit et même s'il fait davantage de bien à celle qui l'écrit il a le mérite de mettre en relief une des facettes d'un peintre génie à ses heures...  Il a également celui de libérer la voix d’une enfant qui a « côtoyé » son grand-père plus qu’elle ne l’a connu vraiment. C'est la version de Marina et on ne doute pas une seconde de sa sincérité. Picasso n'est plus là pour un droit de réponse. Car subsistent d’autres défaillances familiales, la mère de Marina qui n'a pas beaucoup aidé ses enfants à colmater les brèches. Son père, fils de Picasso qui ne réussira pas à gagner son autonomie.

Voilà donc toute une famille prise dans les rets d’un homme complètement centré sur lui-même et dont la renommée a sans doute exacerbé l’égocentrisme.

Quoiqu'il en soit, l'égoïsme de certains créateurs, Picasso en particulier, est révélé ici dans toute sa splendeur. Ce n'est pas une découverte, mais on est toujours un peu surpris par le paradoxe suivant : lorsque les masques tombent, les œuvres ne s’en trouvent pas pour autant ébréchées.

Brigitte.