05 septembre 2011

rien ne s'oppose à la nuit

 

 

 

 

Rien ne s’oppose à la nuit –Delphine de Vigan

 

Dans ce livre, Delphine de Vigan plonge au cœur de l’histoire familiale pour retracer plus précisément celle de sa mère, Lucile, qui mit fin à ses jours en 2008 à l’âge de 62 ans.

L’auteur dit de ce livre qu’elle n’a pas choisi de l’écrire mais qu’il s’est imposé à elle et qu’elle ne pouvait plus écrire d’autres histoires avant de se plonger dans la sienne .Et l’on comprendra aisément pourquoi, tant la vie de Lucile sera complexe et mouvementée.

Respectant la chronologie, Delphine de Vigan commence par l’enfance au sein d’une famille nombreuse dans le Paris d’après –guerre où les moments joyeux vont bientôt laisser place aux drames. Dans cette famille unie, fantasque et non conventionnelle, Lucile semble différente de ses frères et sœurs. C’est une enfant très belle, mais silencieuse et angoissée qui sera marquée à tout jamais par la mort accidentelle d’un de ses petits frères et le suicide de deux autres.

 

Avant de poursuivre, l’auteur nous fait part de ses doutes, de sa peur, de la position difficile dans laquelle elle se trouve par rapport aux membres de sa famille mais aussi de son besoin de s’approcher au plus près de la vérité car de douloureux souvenirs, parfois tus, seront mis à nu.

Dans la seconde partie du roman, Lucile se marie, a des enfants, prend ses distances avec sa famille. Les périodes de bonheur alternent avec les moments chaotiques d’une vie instable marquée par diverses dépendances et les internements successifs.

 

Voici un témoignage d’une sincérité absolue, une confession sans fard mais sans pathos de ce que l’on peut trouver derrière « la belle photo de famille où tout le monde s’aime et tout va bien ».

D. de Vigan nous interpelle sur des thèmes forts : l’influence parfois néfaste des parents, la mort, la maladie mentale, et puis l’importance de la solidarité familiale, la nécessité de dire l’amour.

 

J’ai trouvé ce livre magnifique et puissant parce qu’il fait écho à notre propre histoire. Chaque famille a sa légende, ses drames, ou sa part d ‘ombre. Et aussi parce qu’il est un joli « cercueil de papier » qui dit avec pudeur les mots que l’on n’a jamais prononcé.

 

Un très grand moment de lecture.

 

Agnès

 

 

  

 

Posté par jellybelly à 17:45 - - Commentaires [5] - Permalien [#]


Commentaires sur rien ne s'oppose à la nuit

    Un bel hommage

    J’ai lu ce livre pratiquement d’une traite, d’abord parce que l’écriture est fluide et que l’histoire douloureuse de Lucile, depuis sa petite enfance jusqu’à sa mort, tient le lecteur.
    Comme le dit Agnès, en fouillant dans le passé familial pour comprendre l’origine de la souffrance de sa mère, Delphine de Vigan nous interpelle sur notre propre histoire et sur le lourd héritage que l’on peut porter malgré soi.
    « La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec »
    C’est un bel hommage que Delphine de Vigan a voulu rendre à sa mère. Elle a approché sa douleur de vivre sans trouver de réponse mais nous offre une belle œuvre littéraire.

    Posté par Elise, 26 octobre 2011 à 10:29 | | Répondre
  • Poignant

    Une écriture belle, intelligente et vraie. Un roman profondément émouvant et d'une grande pudeur.

    Posté par brigitte, 26 octobre 2011 à 18:06 | | Répondre
  • bouleversant

    et le style de l'auteure a quelque chose d'authentique qui me touche. Quand je tombe sur la description d'un rêve dans un livre, je tourne systématiquement la page tellement je trouve cela ennuyeux ; pas chez D. de Vigan, je lis tout, même ses rêves.

    Posté par mjo, 05 novembre 2011 à 20:03 | | Répondre
  • Info "people"

    Et Delphine de Vigan n'est autre que la compagne de François Busnel !

    Posté par Ingrid, 05 novembre 2011 à 21:46 | | Répondre
  • Des combats menés dans la douleur !

    Je sors de la lecture du dernier roman de Delphine de Vigan bouleversée. Cette quête menée par l’écrivaine est très émouvante. Son objectif : s’approcher de la personnalité de sa mère. Sa motivation : savoir ce qu’elle transmet à ses enfants. Delphine de Vigan déroule ainsi le fil de la vie de sa mère et indirectement la sienne, rythmée par l’état de santé de Lucile. Leurs vies sont faites de combats douloureux : Lucile tentera toute sa vie de rester « vivante » ; Delphine, sa fille, mènera le combat d’un proche accompagnant un parent atteint d’une maladie mentale, et comme si la mort ne pouvait donner un quelconque repos, elle passera une partie de sa vie à chercher à comprendre… sans que jamais elle puisse obtenir la certitude que les générations suivantes ne connaîtront pas de pareils symptômes. Une angoisse de tous les jours…

    Posté par Annie, 10 juillet 2012 à 15:32 | | Répondre
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