Rien ne s’oppose à la nuit –Delphine de Vigan

 

Dans ce livre, Delphine de Vigan plonge au cœur de l’histoire familiale pour retracer plus précisément celle de sa mère, Lucile, qui mit fin à ses jours en 2008 à l’âge de 62 ans.

L’auteur dit de ce livre qu’elle n’a pas choisi de l’écrire mais qu’il s’est imposé à elle et qu’elle ne pouvait plus écrire d’autres histoires avant de se plonger dans la sienne .Et l’on comprendra aisément pourquoi, tant la vie de Lucile sera complexe et mouvementée.

Respectant la chronologie, Delphine de Vigan commence par l’enfance au sein d’une famille nombreuse dans le Paris d’après –guerre où les moments joyeux vont bientôt laisser place aux drames. Dans cette famille unie, fantasque et non conventionnelle, Lucile semble différente de ses frères et sœurs. C’est une enfant très belle, mais silencieuse et angoissée qui sera marquée à tout jamais par la mort accidentelle d’un de ses petits frères et le suicide de deux autres.

 

Avant de poursuivre, l’auteur nous fait part de ses doutes, de sa peur, de la position difficile dans laquelle elle se trouve par rapport aux membres de sa famille mais aussi de son besoin de s’approcher au plus près de la vérité car de douloureux souvenirs, parfois tus, seront mis à nu.

Dans la seconde partie du roman, Lucile se marie, a des enfants, prend ses distances avec sa famille. Les périodes de bonheur alternent avec les moments chaotiques d’une vie instable marquée par diverses dépendances et les internements successifs.

 

Voici un témoignage d’une sincérité absolue, une confession sans fard mais sans pathos de ce que l’on peut trouver derrière « la belle photo de famille où tout le monde s’aime et tout va bien ».

D. de Vigan nous interpelle sur des thèmes forts : l’influence parfois néfaste des parents, la mort, la maladie mentale, et puis l’importance de la solidarité familiale, la nécessité de dire l’amour.

 

J’ai trouvé ce livre magnifique et puissant parce qu’il fait écho à notre propre histoire. Chaque famille a sa légende, ses drames, ou sa part d ‘ombre. Et aussi parce qu’il est un joli « cercueil de papier » qui dit avec pudeur les mots que l’on n’a jamais prononcé.

 

Un très grand moment de lecture.

 

Agnès