C’est très sérieux, cf. un article publié dans le Monde le 25 juillet 2011, dont je vous livre (sans jeu de mots !) quelques extraits. Il s’agit d’une médecine douce, qui repose sur quoi, je vous le demande, et bien sur la lecture d’œuvres choisies, mais oui. Deux femmes, Ella Berthoud et Susan Elderkin la pratiquent à Londres, et plus précisément à la School of Life du philosophe Alain de Botton.


Voilà comment ça se passe. Pendant 45 minutes, à partir d’un questionnaire que le patient a complété au préalable sur ses habitudes de lecture et sa personnalité, le « bibliothérapeute » explore ses états d’âme et ses goûts. Quelques jours plus tard, le patient reçoit une prescription composée de livres à lire. Des livres sur ordonnance, vous imaginez ?


« Toutes les réponses sont dans les romans », disent les deux femmes, bien plus que dans n’importe quel ouvrage de développement personnel. Il suffit de trouver le bon !


Voici quelques exemples de prescriptions : pour des cas de cœurs brisés, lire « le Hussard de Sa Majesté » de George MacDonald Fraser. Pour les jeunes retraités qui redoutent le manque d’activités, se tourner vers « le Faiseur de pluie » de Saul Bellow. Pour le jeune chômeur, se consoler avec « Bartleby » d’Herman Melville. Et pour les couples qui connaissent des moments difficiles, rien de tel qu’un livre à lire à deux pour ensuite renouer le contact.


Je me posais la question nous concernant, nous l’équipe de l’Antre des Mots, et je me disais : soit nous agissons à titre curatif, nous sommes des malades chroniques et avons trouvé la thérapie qui nous accompagnera jusqu’à la fin de nos jours, soit c’est à titre préventif, nous ne nous considérons pas du tout comme malades et ne souhaitons surtout pas le devenir et avons donc opté pour le traitement avant l'apparition des premiers symptômes. 


Mais, finalement, qu’importe, dans les deux cas, le résultat est le même, les livres nous accompagnent au quotidien pour notre plus grand plaisir, ils nous font du bien, et vont parfois jusqu’à soigner nos états d’âme, quel pouvoir !


En créant notre blog et mettant en place nos rencontres régulières, nous pratiquons finalement, nous aussi, de la bibliothérapie, et l’avantage, c’est qu’avec notre formule, nous pouvons indifféremment passer du statut de patient à celui de prescripteur (ces charmantes femmes ne se qualifient pas de thérapeutes).


Peut-être, un jour, serons-nous sponsorisées par la Sécurité Sociale…


Annie