les_insurrections

La photo et le titre sur la première de couverture traduisent l’essence du roman. Oui il est bien question de liberté dans celui-ci, celle que l’on obtient d’abord par soi-même, celle d’Antoine singulièrement. Ce dernier, la quarantaine, flotte dans sa vie, dans sa peau. Il retourne vivre chez ses parents après une rupture sentimentale. 

Ouvrier, il l’est devenu, comme on le devient de père en fils, en sorte d’hommage. Ses parents auraient pourtant bien aimé qu’il fasse des études, comme son frère. Mais Antoine ne s’est pas trouvé sur les bancs de la fac, ni comme syndicaliste à Lusine (ainsi qu’il l’appelle). Il est toujours en décalage.  Actuellement il est sans travail, l’entreprise qui l’emploie lorgne sur les attractifs salaires brésiliens.

C’est dans cet intermède qu’il rencontre sur un marché où il accompagne sa mère,  Marcel, bouquiniste et ami de ses parents. Lui qui ne lisait pratiquement pas. Marcel va alors le faire voyager, rêver avec les livres. Et si on pense qu’ils construisent un château en Espagne, c’est au Brésil qu’on les retrouve à l’endroit même où l’entreprise est délocalisée, sur les pas de Jean de Monlevade, père de la sidérurgie brésilienne.

Le coup de pied est donné, à partir de là Antoine va pouvoir rebondir. Tous les espoirs sont alors permis. Antoine réalise un véritable voyage initiatique.

 Marcel dont la capacité d’émerveillement ne s’est pas amenuisée avec l’âge est déterminant dans la résurrection d’Antoine. D’autres voix se font entendre plus belles les unes que les autres.

Il ne s’agit pas d’un livre sur la mondialisation, mais cette réflexion sur  l’insurrection d’Antoine prend un relief particulier dans un contexte où la mémoire ouvrière est prégnante.

Une langue sobre qui renforce ce récit aux empreintes profondes…

Brigitte.