Vive la semaine nordique !

Semaine_nordique

 

On va vivre une semaine de folie,

On ne va pas voir le jour !

Toujours_avec_toi_de_Maria_ERNESTAM_Annie

 

 

Deux parcours de femmes sont l’objet de ce très beau roman.


Inga est photographe professionnelle. Son mari, Marten, décède subitement d’un infarctus. Leur fils Peter est étudiant en médecine. 2 ans après le décès de Marten, Inga décide de s’offrir un moment de répit dans la maison de famille de Marstrand. Là-bas, elle s’active et va ranger la remise. Un carton attire son attention, elle y découvre une lettre adressée par une missionnaire enceinte en 1916, expatriée en Afrique. Elle va décider de mener l’enquête et partir à la recherche de ses origines. Ses parents sont divorcés, sa mère est partie vivre aux Etats Unis et son père est interné. Elle va se rapprocher d’oncles et autres aïeux pour y découvrir le passé de sa famille. Son histoire s’écoule entre 2005 et 2008.


Rakel est la première fille d’une fratrie de 5 garçons. Elle évolue dans une famille baptiste. Son père, fermier, a décidé d’aménager une chapelle pour les paroissiens. C’est là qu’elle va rencontrer Anton, un jeune homme de passage souhaitant étudier la théologie. Rakel décide de quitter la famille pour tenter sa chance comme femme de maison à Göteborg. Dans le train, elle fait la connaissance de Jakob qui travaille aux docks pour offrir à sa sœur handicapée un fauteuil roulant et une machine à écrire pour lui permettre d’écrire des nouvelles. Chez Amanda et Carl Otto, ses employeurs, Rakel va faire la connaissance de Léa, jeune fille comme elle à la recherche d’une vie meilleure. Elles vivront ensemble mille et une péripéties aux côtés d’Anton et de Jakob. Rakel s’éteint lentement, une leucémie aura bientôt raison d’elle (hasard des évènements, elle disparaîtra une semaine avant la naissance d‘Inga), elle en profite pour se souvenir des aventures vécues sur fond de 1ère guerre mondiale. Son histoire se passe en 1959. 


Outre ces deux parcours de femmes, ce roman est historique, il nous relate plus particulièrement la bataille de Jutland, bataille germano-anglaise sous-marine ayant fait 8000 morts dont les corps ont échoué sur les côtes suédoises. Après leur identification, la Suède a décidé de leur organiser des sépultures. Maria Ernestam dédie ce livre à son grand-père, mort le 31 mai 2006, au jour près 90 ans après l’ouverture des hostilités en mer. Elle assure un devoir de mémoire et comme elle le faire dire à l’une de ses héroïnes d’antan  : « La vérité éclatera quand elle sera devenue tolérable. Bien des années devront s’écouler entre les faits et leur révélation. »

La construction est originale, ces deux voix donnent un rythme singulier, ponctué de billets de marins dont les bateaux couleront pendant la bataille de Jutland.


Le suspense est intense, les personnages sont imbriqués les uns dans les autres et petit à petit se dévoilent les secrets de famille.

Ce roman pose la question de la responsabilité des descendants d’actes plus ou moins héroïques. La culpabilité est-elle inévitable ?

Maria Ernestam est suédoise. Eclectique, elle a multiplié les expériences artistiques, chanteuse, danseuse, mannequin, comédienne, journaliste et auteur.

MAGNIFIQUE roman, peut-être même mon coup de coeur 2011, c'est dire !

Annie interCe_Dacc_prix_litt_raire