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« Mon père a refermé la bouche en mâchant dans le vide, il s'est redressé et a regardé sa montre. On était vendredi, je n'avais pas école le lendemain. Donc je pouvais l'aider. Embarrassé à l'idée de m'imposer sa vie, il trouve toujours un moyen d'alléger le truc. Là, il a dit : — Bon alors mon Polo, tu viendé ou pas ce soir ? Une petite faute de français rigolote pour soulager tout ça, un peu d'humour pour camoufler le désastre de la soirée. Une soirée qui s'avère être sa vie en fait. J'ai souri, ça détend mon père, et j'ai répondu comme à chaque fois : — Je viendé, je viendé... Je l'aime mon père, mais j'ai du mal à l'admirer. Souvent, quand je le regarde, il est à quatre pattes, alors forcément ça manque un peu de hauteur tout ça... » Avec le sens de la formule, le rythme virevoltant, la verve irrésistible qui ont fait le succès, en librairie et au théâtre, de Confidences à Allah, Saphia Azzeddine donne la parole à Paul, 14 ans. Il a une famille impossible, des amours inexistantes, sa cité est lugubre, son avenir douteux, mais il a découvert une arme pour s'en sortir : les mots, et il commence à se demander si la fatalité ne peut pas être vaincue, parfois.

 

 

 


 

Après « confidences à Allah » ce deuxième roman de Saphia Azzedine m’a paru  plus « soft » au niveau du langage (quoique…).


 

Il se lit également  d’une traite et le lecteur se prend d’affection pour cet adolescent « Polo » qui a honte de sa famille : un père qui fait la femme de ménage, une mère qui passe ses journées, vautrée devant la télévision et une sœur qui a pour ambition de gagner le concours de beauté régional….bref, on navigue dans cet univers pitoyable mais l’humour décapant, la tendresse de ce gamin pour son père, son amour pour les mots rendent ce récit touchant, drôle, singulier.


 

Elise