L_amour_est_une__le_Claude_GALLAY_Annie

 

Claudie GALLAY choisit pour décor de son dernier roman, sorti en pleine rentrée littéraire 2010, le festival d’Avignon, mais pas n’importe lequel, celui de 2003 marqué par la grève des intermittents du spectacle. Alors que les grévistes s’opposent aux non-grévistes, que les spectateurs sont frustrés et mécontents d’avoir payé un billet d’entrée sans pouvoir profiter du spectacle, que les comédiens doivent se résigner et abandonner leur passion le temps des revendications, Marie arrive en ces terres.


L’ambiance est électrique, étouffante, la chaleur est à son comble, le festival traverse une année noire.

Les hommes et les femmes vivent mal, au bord de l’asphyxie.


Odon Schnadel d’abord, le Directeur du théâtre le Chien fou où se joue la pièce « Nuit rouge ». Je vous livre le premier paragraphe de ce roman : « Il fait encore nuit et le fleuve est tranquille quand Odon Schnadel sort de sa péniche. Il tient un bol à la main C’est son premier café, noir, brûlant. Il a mal au crâne. Il glisse deux aspirines dans le bol. »


La Jogar, ensuite, qui n’est autre que Mathilde, l’ex-petite amie de Odon.  Depuis sa séparation avec Odon et son départ d’Avignon, elle est devenue une grande comédienne grâce à la pièce « Ultimes déviances » qui a fait d’elle toute sa renommée. Elle y revient, faisant resurgir de douloureux souvenirs. 


Marie, enfin, la sœur de Paul Selliès décédé il y a 5 ans. Elle n’est plus que l’ombre d’elle-même, sombre dans une souffrance effroyable, ravive les plaies de ses bras pour leur interdire la cicatrisation et l’oubli de Paul. Elle vient en Avignon pour se mettre en quête des écrits de son frère, écrits qui trouvent leur première interprétation dans « Nuit rouge ».


Marie prend contact avec Odon Schnadel et lui évoque l’objet de sa venue. Tout le microcosme s’en trouve déstabilisé. Le poids du secret, des non-dits, assaille les êtres, pourront-ils le supporter ?


Claudie GALLAY signe une nouvelle fois un MAGNIFIQUE roman. Quelques bons ingrédients lui promettent, du moins je l’espère, un très grand succès :


- le contexte tout d’abord : l’auteure se plaît à nous décrire l’ambiance, l’atmosphère, l’environnement dans lequel évoluent les protagonistes. Là, vous découvrirez la chaleur à en suffoquer dans un climat de rébellion. Les chapitres très courts (pas plus de 3 pages) contribuent à donner un rythme trépidant insupportable (imaginez la fin d‘une course à pied, vous êtes épuisé(e), vous êtes à bout de souffle, vous avez très chaud, vous ne savez pas si votre cœur va tenir, et bien c‘est ce moment très précisément que Claudie GALLAY va faire durer). Le malaise ambiant contribue à installer, tout au fond de votre gorge, cette sensation d’étouffement qui ne vous quittera plus jusqu’à la toute dernière page. 


- des personnages ensuite dont les destins s’entrecroisent (j’avoue avoir pris quelques notes dans les premières pages pour prendre mes repères) avec une étude psychologique de chacun réalisée toute en finesse.


- la construction du livre, tout comme une enquête policière, ce roman trouve sa puissance dans une intrigue, une enquête (menée ici par Marie) et un dénouement, la découverte des coupables et du pot aux roses,


- une qualité d’écriture enfin, la plume de Claudie GALLAY est exceptionnelle. Dans un style très épuré, elle frappe juste et fort.


Une fois la première page parcourue, vous ne pourrez plus le lâcher, c’est certain !


Annie