clara_Présentation

Née Goldschmidt à Paris, le 22 Octobre 1897, Clara vient au monde sous la nationalité allemande qu’elle garde jusqu’à l’âge de 8 ans. L’allemand est sa langue maternelle, le français sa langue d’adoption.  Elle vit beaucoup de contradictions, Allemande à Paris, Française (parisienne) à Magdebourg où demeure notamment sa grand-mère, où qu’elle soit elle est une étrangère. Elle trouve refuge dans les livres. Son père décède alors qu’elle a 13 ans. Ses parents étaient très unis. Elle surprendra cette confidence de sa mère : « j’aurais bien donné mes 3 enfants pour garder mon mari. »

En 1914, Clara a 16 ans et demi, Malraux n’en a pas encore treize. Lorsque Clara Goldschmidt rencontre André Malraux, elle a 24 ans, lui a 19 ans, une famille dont il ne dit rien

Quand Clara dit longtemps " Nous ", André Malraux lui répond surtout " Je ". Ils furent deux, en effet,

 -          au Cambodge et à Angkor lorsque Malraux mué en voleur de statues khmères, écope de trois mois de prison ferme et que Clara bataille à ses côtés pour obtenir sa libération.

-          Deux en Afghanistan, en Iran, au Cachemire, au Japon, à New York, partout où ce couple indissociable dirige ses pas ;  -          puis trois à la naissance de Florence Malraux, juste avant le prix Goncourt obtenu en 1933 pour La Condition humaine.

-          Deux aussi dans les engagements politiques de l’avant-guerre, en URSS, en Espagne.

 Viennent les dissensions et la solitude. En 1937, Malraux et Clara divergent politiquement, et au privé l’écrivain tombe amoureux de la belle Josette Clotis. Résistante dès 1941, fidèle d’un cercle d’intellectuels parmi lesquels Edgar Morin, Clara traverse difficilement la guerre en juive clandestine, sa fille au plus près d’elle, alors que Malraux observe les choses à distance, avant de faire sa métamorphose sous les traits gaullistes du colonel Berger. Le couple divorce en 1947.

Elle, révoltée, généreuse, militante, prête à tous les combats, dont celui de la guerre d’Algérie. Lui, ministre de De Gaulle, chargé des affaires culturelles en 1958.

Il meurt en 1976, elle en 1982, sans avoir jamais cessé de porter le nom de l’homme qu’elle a aimé " contre vents et marées ".

Mon avis :

Cette biographie est un véritable roman d'amour et à certains égards un roman d'aventure. Vous trouverez ci-dessous des extraits du premier chapitre de D. Bona qui en disent long sur la personnalité des deux protagonistes. J'ai un vrai coup de coeur pour Carla, une femme très attachante.

"Elle n’est pas du genre à admirer les gens célèbres. Elle aime penser, juger par elle-même... La liberté, c’est ce qu’elle offre de plus évident…"

"Il y a même chez elle - je pus vite m’en apercevoir - un goût pour la provocation : sa manière de montrer qu’elle n’était pas un mouton de Panurge. Elle m’a semblé très attachée à paraître - et à être - anticonventionnelle. Elle m’a, par exemple, très librement avoué qu’elle fumait l’opium depuis ses séjours en Indochine et n’y avait jamais renoncé."

"Elle avait partagé beaucoup de choses avec Malraux : la passion des livres, de l’art et des voyages, le goût insensé de l’aventure et la liberté de vivre à grandes guides, quelles que soient les difficultés ou les circonstances. Avec lui, disait-elle avec du vague à l’âme, elle ne s’était jamais ennuyée."

"Il l’avait prévenue : l’écrivain c’était lui, pas elle. La femme, il ne s’en cachait pas, il la préférait soumise et douce, dans l’ombre du grand homme."

"En essayant d’exister par elle-même, Clara agaçait Malraux. Il lui disait : " Mieux vaut être ma femme qu’un écrivain de second ordre. " Cette phrase exaspérait Clara et elle la répétait drôlement, de sa voix gouailleuse."

Brigitte