infrarouge

Rena, 45 ans, photographe, part en voyage avec son père et sa belle-mère. Destination : la Toscane.

Le titre du livre fait référence à ces pellicules photographiques capables de capter la chaleur visible et non la lumière. Y est également largement évoquée Diane Arbus, cette photographe américaine qui a permis à la photographie d’être qualifiée d’activité artistique. Elle avait été reconnue par son talent notamment avec ses clichés, en noir et blanc, des américains pris dans la rue dans les années 60 (travestis, handicapés mentaux, jumeaux…).

Ce sont en réalité, deux voyages qui se déroulent sous nos yeux, au gré de notre lecture. Celui de la découverte de l’Italie bien sûr, au moment présent, et celui de la vie de Rena, passée.

Nancy HUSTON aime jouer avec son lecteur et le faire passer d’une scène à une autre sans transition. Cette subtilité dans l’écriture nous comble de plaisir.

On y retrouve les thèmes favoris de cette auteure : l’extermination du peuple juif au travers du personnage d’Ingrid, la belle-mère dont toute la famille a péri dans l’invasion de Rotterdam par les Allemands en 1940 ; la condition féminine bien sûr avec une Rena particulièrement libertine, émancipée, gourmande en sexualité (quelques passages sont particulièrement érotiques) ; la construction personnelle à partir de l’enfance, l’adolescence… chaque fait du passé ayant forcément un impact sur l’état psychologique de l’adulte.

Elle y aborde également la difficile intégration des musulmans aujourd’hui, en France, l’histoire se passe au moment des émeutes de 2005.

Elle évoque également le vieillissement avec la perception qu’a Rena, au fil du séjour, de l’âge de son père et de la perte progressive de ses facultés.

C’est un roman drôle, cette auteure regarde cette femme de 50 ans avec coquinerie et humour et traduit les travers de l‘âge et les conflits familiaux avec beaucoup de dérision.

Ce roman est aussi un véritable guide touristique pour tous ceux qui souhaiteraient organiser un séjour à Florence, vous y découvrirez maintes références…

J’ai beaucoup aimé aussi cette petite voix imaginaire, Subra, confidente de Rena, incitant cette dernière à dévoiler sa vie au lecteur au fil des pages.

Bref, c’est un TRES BON ROMAN, comme Nancy HUSTON sait les signer !

Merci Caro pour ce grand moment de plaisir.

Annie