Après la mort de son père Gwénaëlle Aubry trouve une caisse remplie de feuilles éparses au milieu desquelles elle découvre  un manuscrit intitulé "le mouton mélancolique", "un spectre à déranger" et en dessous "à romancer". Ce manuscrit est  un ensemble de fragments écrits par son père à différents moments de sa vie. Elle s'empare de ces textes et s'emploie à leur donner une place dans un "roman" consacré à son père, ce père si dérangeant, si différent, si singulier.

Le livre se présente sous la forme d'un abécédaire : A comme Antonin Artaud....... Z comme Zélig. Chaque lettre est une évocation d'un des multiples aspects de la vie de son père, fin juriste de son état, professeur à la Sorbonne, spécialiste de la décentralisation qui à certains moments de son existence se "décentre" de lui-même pour basculer dans un état diagnostiqué de "névrose maniaco-dépressive. C'est un autre homme alors qui se révèle, sans repères, absent à lui-même et aux autres, habité par une sorte de double qui l'entraîne de plus en plus loin dans un monde aux frontières de la folie.

C'est un très beau texte, sensible, touchant, douloureux aussi qui dit toute la difficulté pour Gwénaëlle Aubry d'accompagner ce père  dans ses égarements mais qui dit en même toute l'affection qu'elle lui porte. Son regard est plein de tendresse pour cet homme "hors norme" et ce livre est bel un hommage qu'elle lui rend.