le_testament_cach_

Livre sélectionné dans le cadre du prix des lecteurs angevins dans la catégorie "roman"

Sebastian BARRY, écrivain irlandais, né à Dublin en 1955

Traduit par Florence LEVY-PAOLINI

Ce roman est à 2 voix :

- Roseanne McNulty a 100 ans, elle vit à l’Hôpital Roscommon, un établissement psychiatrique, depuis une soixantaine d’années, elle est là depuis tellement longtemps que plus personne ne connaît les motifs de son admission dans cette structure. Elle occupe ses moments de solitude à écrire ses mémoires qu’elle cache sous les lattes du plancher de sa chambre, c’est en quelque sorte son testament - caché -.

- Le Dr Grene, lui, gère l’équipement et se trouve confronté à une situation tout à fait particulière : la sécurité des résidents n’est plus assurée compte tenu de la vétusté des locaux, un nouvel établissement sera construit mais avec une capacité d’accueil inférieure. Il lui revient donc la lourde responsabilité de trouver une solution de relogement pour chacun des résidents. Il va s’intéresser tout particulièrement au cas de Roseanne.

Au gré des pages écrites par Roseanne et de l’enquête menée par le Dr Grene, nous allons découvrir toute la vie de cette femme, marquée par des évènements douloureux sur fond de guerre civile irlandaise, imprégnée d’un sentiment de culpabilité prégnant. Leurs deux destins seront liés dans les toutes dernières pages de ce roman mené construit comme un policier avec un dénuement inespéré.

C’est un magnifique roman dans lequel s’entrecroisent les deux récits ; vous y glanerez bien sûr des connaissances historiques sur la guerre civile irlandaise mais aussi sur les pressions sociales de l’époque de surcroît dans un petit village, sur le poids de l’église…

Vous y trouverez également une approche fine de la psychologie des 2 personnages, nul n’étant à l’abri de sombrer dans la folie. A ce sujet je vous livre une citation : « la folie, Roseanne, possède de nombreuses fleurs qui poussent sur la même tige. Les fleurs de la folie issues de la même racine se déploient de façons différentes. Dans le cas de votre mère, un extrême repli sur elle-même, dans votre cas, une nymphomanie pernicieuse et chronique ».

Et puis, comme nous apprécions les mots, je vous livre une petite gourmandise, voici ce que Sebastian BARRY fait dire à ses personnages : « je m’aperçois une fois de plus que je n’ai pas les mots, le langage pour lui en parler, de cela comme du reste. Nous avons délaissé les petites phrases de la vie et maintenant, les grandes sont hors de notre portée ».

A LIRE ABSOLUMENT

Annie