L'Antre des mots

Laissez-vous submerger par les mots...

29 novembre 2009

Lettres d'amour en héritage

Des extraits de ce livre de Lydia Flem seront lus sur RadioG 101.5 mardi 1er décembre, à 9H 10, jeudi 3 décembre à 13H et samedi à 9H 10 !

Bonne écoute!

Anne Prono

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Au pays des vermeilles de Noëlle CHATELET

Au pays des vermeilles   ….ou « Je commence à devenir assez grande pour redevenir petite » p31

Noëlle Châtelet, édition du seuil, 2009

Acheté pour une amie qui, comme moi, devient Mamie, et pour l’auteur dont le précédent livre sur la mort choisie de sa mère : « La dernière leçon » , m’avait émue. Noëlle Châtelet, c’est aussi une rencontre au 1er Festival des Mots à

La Charité

sur Loire, pique-nique le long de

la Loire

où j’avais pu l’aborder.

Plaisir auusi du titre doublement ludique dans sa référence à Alice, titre métaphorique qui me renvoie à ma propre expérimentation de l’entrée dans un autre pays, quand sa fille met au monde un petit. Entrée connue et inconnue à la fois où se jouent toutes les strates du temps.

Et c’est ce qu’explorent les courts chapitres de ce journal de bord d’une nouvelle mamie. La métaphore d’Alice et les transformations de taille et de temps sont décrits avec justesse , concision et interrogations :

« Comme ce célèbre tableau de Munch dont le cri universel semble déverser tout le malheur, toute la souffrance du monde, ta bouche est souffrance . Désespoir. Désespérés aussi tes deux petits poings fermés, comme déréglés, qui battent l’air jusqu’à la suffocation. On t’a poussée dehors, maintenant tu pousses des cris. Seule. Infiniment seule.

Au pied de ton berceau, j’assiste à ma propre impuissance.Mes poings se ferment.Vont-ils se dérégler, battre l’air ?

Remontée vertigineuse du temps : je suis bouche, je suis cri.

Je me regarde hurler, seule, infiniment seule devant l’énigme de la vie.

J’ai deux mois à peine » p 22

Ce livre est un dialogue entre l’auteur et sa petite fille, mais aussi entre avec le père de l’enfant, son fils ou plûtôt avec le fils qu’il fut et donc la mère qu’elle a été pour ce fils devenu père et bien sûr avec l’enfant que Noëlle Châtelet fut ou est encore, jeux de miroirs infinis qui s’avèrent révélateurs ; cela apparaît dans les beaux dialogues entretenus avec la mère disparue.

C’est pour ces dialogues transgénérationels qui s’édifient et se construisent par l’écriture que ce récit, somme toute banal de grand maternité ,vaut. Car l’auteur n’aborde pas ce continent nouveau avec  la conscience adulte du narrateur de la nouvelle « Mano » comme elle va se faire appeler, mais avec tous les états successifs ou superposés de son expérience.

On retrouve le jeu d’un « je » qui en interpelle un autre comme dans Enfance de N.Sarraute.

D’autre part, ce qui m’a touchée dans ce récit , moi qui suis une « Manou » depuis deux mois….c’est la possibilité  de revivre ces moments de grâce devant ces petits qui nous troublent et nous émeuvent au-delà du rationnel : ces instantanés littéraires si empreints de profondeur sont …mieux que ces albums photos qu’on s’empresse de montrer pour que revivent ces moments- là si vite et joliement perturbés  par les évolutions magnifiques de l’être en devenir.

Ainsi les temps passés restent peut-être un peu, pour ce qu’ils ont éveillés en nous de singulier….

Rien de pédant, dans ces multiples scènes d’habillage, de chevaux de bois ou de cinéma mais un éloge discret au temps qui nous fait femme, mère, fille et grand-mère :

« Je suis grand-mère, ma mère, pour admirerle ricochet de ces petites pierres vermeilles sur l’étendue de la mémoire. Les regarder bondir. Rebondir.

Je me dis : Un jour , les ricochets se feront sans moi, mais la pierre que j’ai été sera de la partie » p 80

Enfin , ce coup de cœur pour ce livre tient à ce qu’il est coécrit….à découvrir  comment p114, ce qui fait dire à l’auteur :

« Allons, Mano ! Voyons, c’est évident ! N’est-ce pas notre livre ? »

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L'ombre du vent de Carlos Ruiz ZAFON

L’Ombre du vent

Un matin de 1945, un libraire emmène son fils Daniel Sempere, orphelin de mère et malheureux, dans un lieu mystérieux : le Cimetière des Livres Oubliés. une bibliothèque magique, un lieu mystérieux auquel n'ont accès qu'un petit groupe de privilégiés.

Là, Daniel devra choisir un livre qu'il adoptera, pour qu'il ne disparaisse jamais et qu'il reste toujours vivant. L'enfant va choisir "L'ombre du vent" de Julian Carax. Et c'est le début d'une aventure qui va le poursuivre une bonne partie de sa vie...

En effet, ce choix l’embarque dans une quête dangereuse et passionnante dans le Barcelone de l'après-guerre à la recherche de cet écrivain qui l'a ému et dont le passé semble si mystérieux. Une investigation pendant plus de dix ans, sur le pourquoi, le comment de ce livre, et le « qui » de ce Julian Carax.

Ce roman raconte deux histoires, deux vies, celle de Julian Carax et celle de Daniel Sempere, deux histoires qui se ressemblent fort et deux histoires qui n'en feront qu'une.

J’ai vraiment été séduite par ce magnifique récit d’aventures aux multiples rebondissements.

C’est à la fois une intrigue policière, un roman qui tend au fantastique, un roman politique .

On y trouve de l’amour, de l’amitié, mais aussi de la haine, des mensonges, des trahisons, des peurs, beaucoup de tragédies imbriquées les unes dans les autres.

Si vous aussi, souhaitez lever le voile sur le mystère qui entoure la vie de Carax, plongez vous dans « l’ombre du vent » où tout est mené tambour battant par la plume fluide de cet écrivain espagnol Carlos Ruiz Zafon que j’ai découvert.

Elise

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Une succulente au fond de l'impasse d'Anne BRAGANCE

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Dès les premières notes de cette Symphonie en trois mouvements, les vibrations se font sentir. En effet, l'écriture musicale, châtiée d'Anne Bragance m'a envoutée. Le roman tourne autour de trois personnages principaux :

- Emma, que les voisins prénomme la Succulente car c'est le nom de sa maison : elle vit recluse et pratique la prostitution

- François : agent immobilier, quadragénaire à la dérive, sonne un jour à la porte d'Emma et une relation pure, faite d'attention, d'écoute mais aussi de mensonges, va naître entre eux

- Bénédicte : l'amie d'Emma. A elles deux, elles incarnent le triomphe de l'amitié sur l'amour.

Chacun va descendre dans l'âme de l'un, puis de l'autre.

Lors d'une interview à propos de la sortie de ce livre Anne Bragance dit "L'homme est un dieu en ruine, c'est la trace du divin que je cherche en lui".

Ce livre est un chef d'oeuvre.

mjo

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27 novembre 2009

Le Roi René et les livres

Exposition "Splendeur de l'enluminure"

du 3 octobre 2009 au 3 janvier 2010

au Château d'Angers

Vous aimez les livres, vous serez sensibles à la beauté des livres exposés, c'est d'une grande beauté, sur papyrus ou sur papier, les enluminures des livres du Roi René et de sa famille sont magnifiques et nous éveillent plus encore sur les us et coutumes du XVème siècle. Le tracé est fin et soigné, les couleurs sont vives et très bien préservées, les scènes peintes sont de véritables tableaux à elles seules à la différence qu'elles le sont dans des livres avec des formats bien plus petits, ce qui leur confère une valeur exceptionnelle et unique. Les oeuvres de l'un des peintres favoris du Roi René, Barthélemy d'Eyck (valet de chambre et valet tranchant, d'origine flamande, y sont particulièrement valorisées.

L'un des joyaux de la Bibliothèque municipale d'Angers est le 2ème livre imprimé au Monde, il y est également présenté.

Vous souhaitez plus d'informations : http://www.angers.fr/vivre-a-angers/se-divertir/la-culture/evenements/pour-sinformer/lannee-du-roi-rene/roi-rene-exposition-splendeur-de-lenluminure/index.html

Laissez-vous séduire par ce patrimoine tout à fait exceptionnel

Pour sortir radin, soyez malins, le vendredi soir, de 17 H 30 à 20 H 30 jusqu'au 11 décembre 2009, l'entrée y est gratuite !

Annie

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25 novembre 2009

RAPT

de Lucas Belvaux

Synopsis:

Homme d’industrie et de pouvoir, Stanislas Graff est enlevé un matin comme les autres devant son immeuble par un commando de truands.
Commence alors un calvaire qui durera plusieurs semaines. Amputé, humilié, nié dans son humanité, il résiste en ne laissant aucune prise à ses ravisseurs. Il accepte tout sans révolte, sans cri, sans plainte, c’est par la dignité qu’il répond à la barbarie.

Coupé du monde, ne recevant que des bribes d’informations par ses geôliers, Graff ne comprend pas que personne ne veuille payer la somme qui le délivrerait.
Au-dehors, son monde se fissure au fur et à mesure de la révélation de sa personnalité.
Tout ce qu’il avait réussi à garder d’intimité, son jardin secret, est révélé à sa famille par l’enquête de police ou celle de la presse.
Chacun découvre un homme qui est loin de ressembler à celui qu’il imaginait.

Mon avis

Cette histoire s’inspire de celle du Baron Empain (fin des années 70) dont « les plus jeunes » se souviennent certainement. Le film se déroule en deux parties, l’une sur l’enlèvement très réaliste ; Yvan Attal traduit très bien les peurs, les angoisses et les interrogations d’une victime lors d’une telle épreuve avec peu de mots, les regards en disent long…. Ce film vient confirmer également, que même dans les moments les plus difficiles qu’une famille et qu’un homme peuvent subir, les médias ne s’embarrassent pas avec les scrupules, voilà donc une famille livrée « aux chiens !... », alors même que l’industriel n’est pas encore délivré !... Les actionnaires du groupe qu’il dirige semblent également, pour certains, plus préoccupés par le cours de leurs actions que le drame humain que vit cet homme et sa famille. Toutefois, les différentes révélations faites par la presse nous aident à comprendre les réactions de son entourage lors de sa libération. Cette deuxième partie plus courte (dommage) est vraiment très intéressante avec l’étude psychologique d’une « certaine bourgeoisie », des personnes qu’il l’entourent lors de sa libération, le laissant, sans aucun doute encore plus seul qu’avant. Je me demande qu’est devenu cet homme aujourd’hui ? Cette épreuve, dont on ne peut sortir indemne, lui a-t-elle permise de vivre « sa vie ».

Brigitte

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24 novembre 2009

Ce qui était perdu de Catherine O'FLYNN

"Dans les années 80, une fillette d’à peine 10 ans, Kate Meaney, mène ses filatures dans les allées du tout nouveau centre commercial de Green Oaks, à Birmingham, à l’aide de son livre préféré, Comment devenir détective, et de son singe en peluche. Un jour de 1984, elle disparaît… Presque vingt ans plus tard, Kurt, agent de sécurité à Green Oaks, aperçoit sur ses écrans une petite fille ; et Lisa, qui travaille dans un magasin de disques du centre commercial, trouve une peluche dans un couloir de service. Tous deux partent à la recherche de la petite fille…"

Au cours des cent premières pages, on s'attache à la petite Kate, différente des enfants de son âge : elle ne joue pas à la poupée mais à la détective, en vraie professionnelle. Puis on apprend qu'elle disparaît, et on ne lâche plus le livre car elle nous manque et on veut savoir ce qu'elle est devenue. On va alors se trouver en compagnie de Kurt, l'agent de sécurité, et Lisa, la disquaire, tous deux englués dans un travail, au centre commercial, qui les use jusqu'à la corde. C'est drôle, bien écrit, émouvant, triste aussi et l'on apprend beaucoup sur nos comportements indélicats de consommateurs. On découvrira la vérité, magistralement révélée, dans les toutes dernières pages et le livre refermé, on fait marche arrière, en pensée, sous le choc. C'est un livre remarquable et impossible à oublier.

mjo

Posté par jellybelly à 17:23 - Critique d'un livre - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 novembre 2009

Partie de pêche au Yémen de Paul TORDAY

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retrace la rocambolesque aventure d'un biologiste contraint de participer au projet fou d'un cheikh yéménite : implanter des saumons dans son pays.

Un roman drôle, surprenant, qui mêle adroitement actualité politique et fantaisie anglaise.

Mon avis : .

Ce livre est écrit sous forme de mails envoyés par les uns ou les autres avec parfois quelques longueurs.

Une comédie pince sans rire et décalée comme seuls les anglais savent les faire. On passe un bon moment...

Agnès

Posté par jellybelly à 05:00 - Critique d'un livre - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 novembre 2009

Anatomie d’un crime de Élisabeth GEORGES

anatomie_d_un_crime

On connaît Elisabeth Georges pour ses nombreux romans policiers. Celui-ci est différent puisqu’on sait qu’un crime va être commis dès le départ.

Certains trouveront cela dommage, mais on est happé, pris aux tripes par cette histoire dont les personnages sont des enfants, broyés par le système social anglais, dont le destin tragique semble inéluctable .

Un livre implacable !!!!

Agnès

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18 novembre 2009

Le Ruban Blanc

Le Ruban Blanc

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Un village de l'Allemagne du Nord protestante. 1913-1914.
A la veille de la Première Guerre mondiale. L'histoire des enfants et adolescents d'une chorale dirigée par l'instituteur du village, leurs familles : le baron, le régisseur, le pasteur, le médecin, la sage-femme, les paysans. D'étranges accidents surviennent et prennent peu à peu le caractère d'un rituel punitif. Qui se cache derrière tout cela ?

Mon avis :

Je ne répondrai pas à la question, car c’est un film qui ne délivre pas de réponse formelle. Il reste un certain nombre de mystères quand le générique de fin se déroule. Peu importe,  ce film mérite sans aucun doute la palme d’or qu’il a reçue au festival de Cannes 2009. Un film qui vous laisse le temps d’intérioriser l’atmosphère pesante qui règne dans ce village,  d’apprécier la beauté artistique des photos en « noir et blanc », de vous imprégner  de la violence des dialogues, des non-dits que seule la beauté de certains paysages vient adoucir. Haneke creuse les racines du mal en vous tenant en haleine pendant 2H30. C’est une véritable référence cinématographique, une maîtrise parfaite à tous les niveaux. Un film qu’il est vivement souhaitable de voir  au grand écran si on veut apprécier tout le prodigieux travail de la photographie.

Brigitte

Posté par jellybelly à 15:48 - Cinéma - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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