27 octobre 2009
L'annonce de Marie-Hélène LAFONT
Il y a de ces petits romans qui vous touchent ... "L'annonce" est uniment savoureux. Certes, l'intrigue est très simple: une rencontre amoureuse provoquée par une petite annonce entre Paul, agriculteur de 47 ans à Fridières dans le Cantal et Annette, une mère de 37 ans de Bailleul, dans le nord, qui décide, avec son fils Eric, de fuir son mari alcoolique Didier. Paul accueille Annette et Eric dans sa ferme à Fridières, exploitation agricole familiale habitée par Nicole, la soeur de Paul, les oncles et Lola. Comment l'arrivée de ces étrangers va-t-elle être vécue par tous ces résidants ?
Que de talent pour raconter cette tranche de vie ! Marie-Hélène Lafont Aime les mots et la lire exige recueillement et sérénité. Sa plume raffinée et voluptueuse mène la danse avec une élégance singulière. Elle décrit avec finesse ce milieu rural, régi par des codes plus que par des mots. Annette, Eric, Paul, Nicole et les oncles ne sont pas à l'aise avec les mots ... Marie-Hélène Lafont sont sa grande passion.
Que dites-vous d'une petite escapade dans le Cantal ? Vous verrez, à Fridières la métaphore est naturellement agricole ...
Ingrid
Commentaires
tolérés mais pas accueillis ...
Ingrid, l'escapade dans le Cantal m'a attirée et n'ai pas été déçue...
Un peu surprise quand même par tant de pudeur, par tant de silence.
Mais au fond, c'est vrai la tribu paysanne campée sur ses rites ancestraux n'est pas à l'aise avec les mots.
J'ai donc regardé vivre ce couple recomposé sans vraiment ressentir leurs sentiments, en me demandant jusqu'au bout si cette "étrangère" n'allait pas finir par renoncer....
En tout cas, un bon moment de lecture dans un monde rural bien analysé !
Tout un monde !
Je vous livre une citation autour de l'aménagement de la cuisine, qui, je crois, vous dévoilera le choc des cultures largement abordé : "Paul avait dit, une cuisine sans cloisons, ouverte, américaine ; et cet adjectif, relevé par Nicole sourdement effarée de l'invasion dont était menacé son territoire, fut aussitôt enrolé par les oncles pour désigner, au pluriel, les deux impétrants, les formidables, les Américains qui à l'avenir mangeraient avec Paul, dans une cuisine de même nationalité, tandis qu'eux, les trois, les frustes Gaulois, les Cantalous préhistoriques, n'en mangeraient pas moins, aux mêmes heures et en bas, dans leur cuisine française." Mais, c'est sur une note optimiste que s'achève ce roman, et ça prouve, s'il en était besoin, qu'à force de persévérance, chacun peut toujours trouver sa place !
Ce soit disant "auteur" se targue d'inviter ses lecteurs, j'ai assisté à son colloque, c'était sans aucun intéret(cette femme est prétentieuse, c'est une insulte à ses lecteurs.Elle ne mérite que ce qu'elle offre : VACUITE !!!
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