16 août 2009
Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil de Haruki MURAKAMI
L’histoire se passe au Japon, Hajime a connu pour la première fois l’amour en compagnie de la douce Shimamoto-San. Séparés par la vie, il n’a pourtant jamais oublié. Aujourd’hui, à l’aube de la quarantaine, Hajime est devenu un homme ordinaire et s’est construit une vie agréable entre sa famille et un métier qui lui plaît. Ce fragile équilibre résistera-t-il à ses retrouvailles avec Shimamoto-San ? Ce livre est un très beau roman empreint de romantisme, érotisme, volupté, séduction, c’est la passion qui y est décrite dans toute sa splendeur, celle qui engendre autant de moments de pur bonheur que de moments de réels déséquilibres, le fonctionnement du monde est conditionné par la présence de l’être aimé, le héros ne se reconnaît plus, il se perd dans ses sentiments pour sa femme, ses filles et pour cet être qui transcende l’ensemble. Cette relation extraconjugale est pleine de fougue et d’une force irrépressible que rien ne pourrait arrêter. Le titre du livre fait référence à une légende sur une maladie « Hysteria siberiana », qui frappe les paysans sibériens qui vivent seuls dans la steppe. « Tous les jours, tous les jours, ils labourent leur champ. A perte de vue, c’est le désert. Il n’y a rien, absolument rien. Au nord, la ligne d’horizon, au sud, la ligne d’horizon, à l’est, la ligne d’horizon, et à l’ouest, la ligne d’horizon. Chaque matin, quand le soleil se lève au dessus de la ligne d’horizon à l’est, ils partent travailler aux champs, et quand le soleil est au zénith, ils font une pause pour déjeuner. Quand le soleil disparaît derrière la ligne d’horizon à l’ouest, ils rentrent se coucher. Un jour, quelque chose se casse et meurt. Alors, ils jettent leur houe par terre et sans penser à rien, ils se mettent à marcher vers l’ouest. Ils marchent ainsi pendant des jours et des jours, sans boire, sans manger, comme s’ils étaient envoûtés. C’est ça l’hystérie sibérienne. » Ce titre est tout à fait adapté au contenu de l’histoire, cette métaphore permet de valoriser l’envoûtement dans lequel tombe celui qui aime… L’Amour, toujours l’Amour ! Annie
14 août 2009
D'autres vies que la mienne de Emmanuel Carrère
Mots de l'auteur ...
" À quelques mois d'intervalle, la vie m'a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : la mort d'un enfant pour ses parents, celle d'une jeune femme pour ses enfants et son mari. Quelqu'un m'a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n'écris-tu pas notre histoire ? C'était une commande, je l'ai acceptée. C'est ainsi que je me suis retrouvé à raconter l'amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d'un cancer, tous deux boiteux et tous deux juges, qui s'occupaient d'affaires de surendettement au tribunal d'instance de Vienne (Isère). Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d'extrême pauvreté, de justice et surtout d'amour. Tout y est vrai."
Mon avis...
Je n'ai pas été séduite par l'aspect juridique de certains passages, par ces histoires de surendettement, qui sont bien sûr ancrées dans la réalité professionnelle de Juliette et d'Etienne, mais que j'ai eu du mal à apprécier.
En somme, Emmanuel Carrère écrit les autres, en mémoire des autres, pour les autres ...
Ingrid
L'enfant des ténèbres de Anne-Marie GARAT
1933-1934 : la Grande Guerre a bouleversé le monde, laissant derrière elle des sociétés en crise et, en chacun, d'innombrables blessures intimes. Monte à l'horizon un crépuscule tragique dont peu anticipent les menaces. Suite romanesque à 'Dans la main du diable', 'L' Enfant des ténèbres' entreprend une traversée du siècle, à travers les tourments individuels, amours et destinées sentimentales, dont il questionne l'inscription dans le temps long de l'histoire.
r « Aden », l’avez-vous lu ?
Pour celles (et ceux) qui ont lu et apprécié « Dans la main du diable », aucune surprise, vous aimerez. Tout d’abord, le style de Anne-Marie GARAT : vocabulaire riche et soutenu (un bon dictionnaire est parfois utile !), phrases longues à la construction complexe qu’il convient parfois de lire à plusieurs reprises pour en mesurer toute la teneur. Ensuite, le contenu, d’une densité incroyable, le nombre de personnages y est important avec chacun un parcours extrêmement compliqué qui fait la richesse de ce beau « pavé ». Enfin, parce que nous y retrouvons la petite Millie, Camille Galay lorsqu’elle a 20 ans, mais aussi Gabrielle, Pierre, Mathilde… tout ce petit monde qui a pris quelques années et qu’il est agréable de retrouver.
Anne-Marie GARAT nous livre, une nouvelle fois, un excellent roman. Vivement le prochain !
Elle reçut le prix fémina en 1992 pou
Annie
13 août 2009
Elle s’appelait Sarah de Tatiana de ROSNAY
Paris, mai 2002. Julia Jarmond, journaliste pour un magazine américain, est chargée de couvrir la commémoration de la rafle du Vel' d'Hiv. Au cours de ses recherches, elle est confrontée au silence et à la honte qui entourent le sujet. Au fil des témoignages, elle découvre, avec horreur, le calvaire des familles juives raflées, et en particulier celui de Sarah. Contre l'avis des siens, Julia décide d'enquêter sur le destin de la fillette et de son frère. Soixante ans après, cela lui coûtera ce qu'elle a de plus cher. Paris, le 16 juillet 1942 : la rafle du Vel' d'Hiv'. La police française fait irruption dans un appartement du Marias. Le petit Michel, paniqué, se cache dans un placard, et sa grande soeur Sarah, dix ans, l'enferme et emporte la clé en lui promettant de revenir. Mais elle est arrêté et emmenée avec ses parents. Mon avis : Elle s'appelait Sarah fait partie de ces romans qui se font un devoir de perpétuer la mémoire. La petite Sarah est une de ces enfants, qui en juillet 1942, ont été déportés lors de la rafle du Vélodrome d'Hiver. Il ne fait rapidement aucun doute pour le lecteur que cette petite fille fictive n'est que le reflet de tous les enfants enfermés ce jour-là. Avec une justesse poignante, Tatiana de Rosnay décrit les conditions d’enfermement, les sentiments d’injustice d’une enfant que la vie confronte trop jeune à la violence des adultes. Cécile
Parallèlement au calvaire de cette enfant, on découvre la vie de Julia Jarmond, journaliste américaine à Paris qui, pour les besoins d'un article, doit se renseigner sur ce funeste 16 juillet 1942. Elle découvre alors l’amnésie qui frappe la plupart des Français qu’elle rencontre. Cette héroïne moderne doit dans un même temps surmonter les embûches de sa propre vie personnelle et semble se nourrir du courage de Sarah pour y parvenir.
Bien plus qu’un simple roman, ‘Elle s’appelait Sarah’ remet les pendules à l’heure et semble tirer une sonnette d’alarme : non, il ne faut ni minimiser, ni oublier un tel acte : le devoir du souvenir s’impose ici avec force.
C’est un livre poignant, passionnant qui rend un hommage à ces familles décimées du jour au lendemain. Et le parallèle fait entre la vie de Sarah et celle de Julia apporte un rythme très intéressant à ce livre dont on ne fait qu’une bouchée… Magnifique !!!
12 août 2009
Joueuse de Carolina Bettaro
Avec Sandrine Bonnaire , Kevin Kline , Valérie Lagrange , Francis Renaud , Alexandra Gentil
Synopsis
Hélène, effacée et discrète, mène une vie modeste et monotone. Son chemin parait tout tracé jusqu'au jour où elle surprend, fascinée, un jeune couple d'américains très séduisants qui joue aux échecs. Hélène mettra tout en oeuvre, avec obstination, pour maîtriser les règles des échecs jusqu'à l'excellence. Mais cette métamorphose positive vers une nouvelle liberté pour Hélène, ne se fera pas sans modifier profondément, ses relations avec sa famille, ses amis et les habitants du village. Mon avis C’est un film absolument magnifique, le sujet est intéressant et l’évolution de cette femme, Hélène, jouée avec brio par Sandrine Bonnaire, que l’on voit s’épanouir au fur et à mesure de son parcours vers la liberté est absolument formidable. Docteur Krüger, joué de façon non moins sublime par Kevin Kline, voit juste, sait décrypter chez Hélène la ténacité et la volonté de réussir dans un domaine qui lui sera propre, personnel, et qui lui permettra de s’envoler vers d’autres horizons. TRES BEAU FILM Annie
10 août 2009
Partir de Catherine Corsini
Suzanne, la quarantaine, mariée à un chirurgien et mère de deux adolescents, mène une vie familiale bourgeoise et sans relief dans une ville moyenne du sud de la France. L'attirance violente qu'elle éprouve soudain pour un ouvrier venu faire des travaux chez elle va bouleverser de fond en comble l'équilibre et le confort de son existence.
Non, vous ne sortirez pas indemne de cette déchirante histoire d'Amour ... magnifiquement interprétée par la sublime Kristin Scott Thomas, Yvan Attal en mari tout-puissant et Sergi Lopez au charme envoûtant. "Partir" est une tragédie poignante, réaliste, construite avec finesse et rigueur, laissant le spectateur en suspens jusqu'à la dernière minute du film. Catherine Corsini dépeint, avec pudeur et minutie, une histoire d'Amour bouleversante et tragique ... qui mènera à l'inéluctable. Kristin Scott Thomas, aux charmes délicats, est émouvante, naturelle, insouciante et imprévisible, belle d'Amour et de passion ... destructrice.
Ingrid






